Self-défenseuse, un métier d’avenir !

La fin de l’année scolaire approche, c’est le moment de discuter avec votre fille ce qu’elle a envie de faire plus tard. Parmi tous les guides et dossiers qui fleuriront au printemps, nous avons choisi celui de Catherine Dufour, « Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses ».
Une cinquantaine de métiers sont présentés par ordre alphabétique, avec autant d’humour que de sérieux : description, compétences requises... Cela va de « agent secret » à « voileuse », en passant par les plus accessibles (avocate, historienne, journaliste, artiste), les moins attractifs (mafieuse, tortionnaire) et même les plus mystérieux (barfly ou teufeuse). Ce ne sont pas toujours de vrais métiers, à vrai dire, parfois des ambitions plus ou moins démesurées, comme fondatrice d’empire ou prix Nobel, mais à chaque fois on vous montre par l’exemple que c’est possible, puisque certaines femmes y sont arrivées !

Et parmi tous ces métiers, on trouve celui de ... self-défenseuse, avec Sampat Pal Devi pour l’Inde et, pour l’Europe, mais oui, notre directrice Irene Zeilinger !

En Inde, Sampat Pal Devi et son « pink gang » s’attaquent aux violeurs ou aux hommes qui battent leurs épouses, mais aussi aux policiers qui refusent d’enregistrer les plaintes des femmes - et même aux belles-mères qui assassinent ou mettent à la rue leurs brus pour de sombres histoires d’argent. Sans soute pas très praticable chez nous, mais outre leurs actions de résistance collective, les Saris Roses organisent aussi des cours d’autodéfense pour les femmes et les filles.

Pour l’Europe, Irene Zeilinger explique la différence entre autodéfense féministe et autodéfense « arts martiaux », dont certaines techniques bénéficient d’une grosse publicité sans être vraiment une protection pour les femmes : « Connaître des techniques ne garantit pas qu’on arrivera à les appliquer dans une situation de danger. Il y a des ceintures noires qui n’ont pas réussi à se défendre contre une véritable agression, parce que ce n’est pas une question de technique. C’est une question de mental. C’est pourquoi l’autodéfense féministe intègre un travail sur la confiance en soi et la valeur qu’on se donne à soi-même, sur la notion de limites et comment les reconnaître, et sur la façon de poser ces limites, verbalement et non verbalement ». Bref, tout ce qu’on pratique dans les formations de Garance.
L’autodéfense « arts martiaux » a plutôt du sens dans un conflit armé ou une bagarre de rue ; pas vraiment dans les situations de harcèlement dans l’espace public ou au travail, et moins encore contre les violences de la part de proches, qui sont les situations les plus fréquentes que les femmes doivent affronter. Bref, « la sécurité n’est pas un sport. Savoir se défendre est une compétence qui sert dans tous les aspects de la vie ».

Les compétences nécessaires ? Une seule : être une femme. Et un avantage supplémentaire si votre fille veut devenir « self-défenseuse » : ça ne l’empêchera pas de pratiquer l’un des autres métiers recommandés, que ce soit aviatrice, informaticienne, paléontologue ou star du rock. Ni même, si elle y tient absolument, celui de princesse...

Catherine Dufour : Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas devenir princesses, Fayard, 2014


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