Des nouvelles de la Marche mondiale des Femmes (MMF)

L’idée d’une marche des femmes contre la pauvreté et la violence est partie du Québec en 1995 et s’est depuis étendue à travers le monde, sur le slogan « Nous marcherons jusqu’à ce que toutes les femmes soient libres ! » Entre les grandes manifestations et les réunions internationales, des coordinations locales, régionales, européennes et mondiales réunissent régulièrement des syndicats, des associations et des individues autour des droits des femmes. Garance est membre de la Coordination bruxelloise, qui prépare un « Parlement des femmes » au Parlement régional pour le 5 novembre prochain.

En août dernier, une réunion internationale réunissait plus de 1500 femmes à Sao Paulo (Brésil), avec des déléguées de plus de 50 pays. Plus modeste, la réunion européenne se tenait du 4 au 6 octobre à Bruxelles, et Garance y était aussi.

Le premier jour, les déléguées étaient reçues au Parlement européen. Mais sur la vingtaine de député/e/s invité/e/s, seule Isabelle Durant du groupe des Verts avait fait le déplacement. La salle l’a évidemment interrogée sur le Traité budgétaire européen, qui va inscrire l’austérité jusque dans les Constitutions des pays qui sont en train de le ratifier. Rien de rassurant à l’horizon.

L’austérité, ce fut précisément le thème des journées suivantes, où l’on a pu entendre des témoignages concrets sur les effets des restrictions budgétaires sur la vie des femmes. La situation est particulièrement préoccupante dans les pays du Sud (Grèce, Italie, Espagne, Portugal) mais partout, on assiste à la dégradation des services publics, avec un triple effet négatif sur les femmes : parce qu’elles en forment la majorité des travailleuses comme des usagères, mais aussi parce que ce sont elles qui reprennent les tâches qui ne sont plus rendues par ces services, notamment en matière de santé et d’éducation.

La santé : voilà l’une des grandes victime des politiques d’austérité. Cela ne concerne pas seulement la Grèce, le Portugal ou l’Espagne où les hôpitaux publics ferment, mais aussi la France où des luttes exemplaires s’opposent actuellement à la disparition programmée de maternités. Le droit à l’avortement est partout mis à mal : mise en cause du remboursement en Suisse, projets de lois très restrictifs en Espagne, résistance du corps médical en Italie où le nombre croissant de médecins se déclarant « objecteurs de conscience » rend la loi sur l’interruption de grossesse inapplicable. Même dans des pays où, malgré les pressions des « pro-life », des restrictions ne sont pas officiellement à l’ordre du jour (Belgique, France), on voit comment les mesures d’austérité frappent les droits des femmes. Ainsi, le slogan « Avortement libre et gratuit » devrait désormais être complété par : « ... et accessible ». A noter qu’en Belgique, il existe une Plateforme pour la défense du droit à l’avortement, et que Garance en fait partie.

Si le sujet des violences a été moins directement abordé, il était tout de même présent. Car les restrictions frappent aussi les centres d’accueil pour victimes de violences conjugales, alors même que les discours politiques font de la lutte contre ces violences une « priorité ». Garance a souligné qu’une priorité sans moyens humains, matériels et à long terme restait tout à fait théorique ; d’autant que les politiques ont tendance à réagir à des événements d’actualité en mettant en avant de nouvelles priorités, tout en restant « dans le cadre des ressources disponibles »... ce qui se fait aux dépens des priorités précédentes. Garance a également insisté sur la nécessité de soutenir et développer l’autodéfense féministe comme une réponse qui a déjà largement démontré son efficacité, avec des moyens pourtant très réduits.

Trouver des réponses, imaginer des ripostes, c’était aussi l’objectif de la rencontre. Un programme d’actions a été mis sur pied, mais il n’est pas encore officiel. On peut juste déjà vous dire que ça va swinguer !


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