Canada, France, Suisse, Belgique : 10 points !

Nos fidèles lectrices/teurs le savent : du 3 au 7 octobre, Garance a organisé une rencontre internationale francophone de formatrices d’autodéfense. Il ne s’agissait pas seulement d’un moment historique, mais c’était tout simplement génial ! On ose le dire, car le succès de la RIFFAF n’est pas dû uniquement à notre organisation, mais surtout à la participation de 31 formatrices de quatre pays et de huit méthodes différentes. Malgré les longues distances à parcourir et une grève des trains, elles sont venues à Bruxelles pour échanger sur leurs pratiques, apprendre les unes des autres, trouver des solutions aux problèmes partagés, se soutenir mutuellement, se mettre en réseau... C’était un moment de retrouvailles et de découvertes, de réflexion et d’action.

Nous avons appris que l’autodéfense féministe était relativement bien installée au Canada où, contrairement à la Belgique, ce sont surtout les activités avec les enfants et les jeunes qui sont bien subventionnées. Qu’en France, il y a eu un hiatus entre la « première génération » de formatrices des années 1980 et les suivantes, ce qui oblige la « deuxième génération » à tout reconstruire à partir de zéro. Qu’en Suisse, l’autodéfense a fait objet d’une loi (!) permettant des activités non-mixtes dans les écoles. Ou encore que plusieurs méthodes (Action, Fem Do Chi, Instincts, la technique du Cran des femmes, Riposte) se réclament toutes historiquement du Wendo et ont beaucoup de choses en commun. C’est surtout ce dernier point qui est souvent revenu sur la table : même quand des formatrices travaillent dans l’isolement depuis des années, nous arrivons aux mêmes conclusions et à des pratiques largement comparables grâce à une analyse féministe et sexuée des violences.

Les ateliers proposés par les formatrices étaient très diversifiés. Evidemment, les techniques d’autodéfense physique étaient au rendez-vous, tout comme les outils d’animation. Mais le groupe s’est aussi penché sur le manque de recherche scientifique sur l’autodéfense féministe, les réponses que les formatrices peuvent apporter à différentes formes de préjugés et de discrimination dans leurs formations, ou encore le travail avec des groupes spécifiques (enfants, jeunes, personnes en situation de handicap, femmes ayant vécu des traumatismes). D’après une première évaluation, les formatrices ont surtout apprécié que la RIFFAF leur ait permis de sortir de l’isolement, de nourrir leur réflexion et leur pratique et leur donner l’énergie et la motivation nécessaires pour continuer à travailler dans ce domaine malheureusement peu reconnu et encore moins financé.

Dans le même esprit de partage, plusieurs formatrices ont proposé des ateliers de découverte de leurs méthodes lors d’une Journée Portes ouvertes. Cet événement a attiré 58 femmes et filles, ainsi que 12 formatrices qui ont participé aux ateliers des autres. Là aussi, les évaluations sont généralement positives, et plusieurs participantes nous ont fait savoir qu’elles souhaitaient approfondir leur savoir sur l’autodéfense féministe.

En guise de conclusion, c’était une expérience épuisante, mais ô tellement enrichissante, y compris pour l’équipe de Garance. Nous attendons avec impatience les prochaines étapes : créer un lieu d’échange virtuel pour formatrices et, tout le monde l’espère, une nouvelle RIFFAF en 2014 en France. Et du côté de la Belgique, le succès de la Journée portes ouvertes nous motive à en organiser une nouvelle chaque année, au moins pour faire connaître toutes les activités proposées par Garance. A suivre donc.


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