L’importance de se « relier » à d’autres personnes

Christiane, 31 ans

Un soir d’hiver, à Bruxelles, il est 19h et je sors de la piscine qui est à 10 minutes à pied de chez moi. Au bout de quelques minutes, je traverse une chaussée, et j’aperçois deux jeunes hommes postés au début de la rue que je compte prendre. Ils doivent avoir entre 17 et 22 ans.

En les voyant, je ressens en un quart de seconde une sensation physique et psychologique négative. Une intuition sans doute. Je passe devant eux et ils m’accostent. Ils commencent par me dire qu’ils me trouvent charmante. Dans le quartier où je vis, des hommes me disent ça quasiment tous les jours. D’habitude je ne réponds rien ou, si c’est dit sur un ton aimable, je répond « merci » tout en continuant à marcher. Mais là, ils marchent derrière ou à côté de moi en continuant à me parler.

Je passe devant un centre culturel animé. Ils me disent : « viens on va faire la fête ensemble ». Je leur répond « non ». Je pense un instant entrer dans le centre culturel afin de les dissuader, mais je poursuis ma route. Ils continuent de me suivre en me parlant de mon physique. Au lieu de tourner à gauche vers chez moi, je continue à descendre la rue, avec une idée qui commence à germer dans ma tête. Je termine de descendre la rue, toujours suivie des deux gars, et je rentre dans un café que je connais bien et où il y a toujours du monde. Je ne regarde pas si ils me suivent toujours mais je me dirige droit vers le serveur et lui raconte ce qui vient de se passer. Je tremble. Il me propose d’aller dehors avec moi, voir si les types sont toujours là. Ils ont disparu.

Le serveur m’offre un verre d’eau. J’accepte avec plaisir. Je croise également une connaissance à qui je raconte mon histoire. Après quelques minutes, je me sens mieux, mais j’ai peur de rentrer chez moi seule, et que les gars reviennent. Le serveur me raccompagne gentiment jusqu’en haut de la rue. Je le remercie mille fois. Je rentre ensuite chez moi.

Il y a quelques années, j’aurais peut-être minimisé la situation, et n’aurais pas demandé un soutien. Là, je crois que j’ai eu le bon réflexe d’entrer dans ce café et de parler de ce qui m’arrivait, quelque soit le danger potentiel réel. La présence du serveur, et le fait de me « relier » à d’autres personnes, m’a redonné confiance sur le moment.


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