Groupes de réflexion pour femmes migrantes

Discuter de la sécurité entre femmes partageant des expériences de vie comparables, mieux connaître ses capacités d’action, se sentir plus à l’aise dans l’espace public, les transports ou à la maison : depuis quatre ans maintenant, voilà le programme proposé par Garance aux femmes de plus de 55 ans. Avec grand succès ! A partir de 2012, le même type de programme sera proposé aux femmes migrantes.

Pour cela, dès octobre prochain, Garance formera un groupe de futures éducatrices paires, c’est-à-dire des femmes qui partagent avec le public ciblé par ce projet une expérience importante : celle de la migration. Nous le constatons au quotidien dans nos activités : le terme « sécurité » reçoit beaucoup d’interprétations, selon les expériences de chacune. Et dans ces expériences, une éventuelle migration joue un rôle important. Parce que des lacunes dans la connaissance de la langue, de la culture de la société d’accueil, peuvent insécuriser et isoler – les stratégies de prévention utilisées « au pays » ne fonctionnent peut-être pas en Belgique. Parce que venir d’ailleurs comporte un risque de violences supplémentaires, racistes. Parce qu’une méconnaissance de ses droits empêche de les utiliser pour se protéger contre les violences. Parce que l’isolement et la dépendance vis-à-vis d’autres personnes rendent plus vulnérable à la violence.

La formation permettra aux futures éducatrices paires d’apprendre à animer un groupe de réflexion entre femmes pour échanger les expériences par rapport à la sécurité et à la prévention des violences, mais elles apporteront aussi leurs analyses personnelles de ces sujets pour enrichir le travail de Garance. Chacune d’entre elles traduira le concept de la prévention primaire dans son contexte culturel. Ce qui est envisageable pour une femme marocaine ne l’est peut-être pas pour une Belge de souche ou une Congolaise. Les solutions proposées seront d’autant plus efficaces qu’elles se rapprocheront de la réalité de vie des femmes. De plus, le fait que l’animatrice partage la même langue et la même culture que son groupe rendra ces activités accessibles aux femmes qui parlent pas ou peu le français. Les participantes pourront communiquer dans leur langue d’origine et ainsi mieux s’approprier les outils et stratégies de prévention.

Que les femmes migrantes ont beaucoup à dire sur la sécurité – et contrairement à leur représentation dans les médias, ne sont pas des victimes soumises et passives – on l’a déjà vu lors de l’élaboration de notre brochure ABC de la sécurité. Guide pratique pour femmes migrantes. Les groupes de réflexion sur la sécurité leur permettront de prendre conscience de leurs forces et de renforcer la solidarité entre les femmes de toutes les origines.

Intéressée ? Le recrutement pour cette formation est en cours, grâce à des partenariats avec des associations bruxelloises travaillant avec des femmes migrantes. La formation initiale commence le 17 octobre, suivie d’un accompagnement individuel dans des co-animations. Si vous avez envie de nous rejoindre, n’hésitez pas à contacter Elise !


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