La Coupe et les coups

Bienvenue à la Coupe du Monde de foot, ses stades colorés, ses vuvuzelas, ses commentaires enflammés, ses supporters en fête ou en deuil... et ses violences conjugales !

On sait que le foot et les violences font plutôt bon ménage : violences des joueurs sur le terrain, violences des supporters dans les tribunes, ou en ville avant ou après le match, insultes, bagarres... c’est presque banal.

Ce qu’on sait moins, c’est le rapport entre le foot et les violences conjugales. Eh oui : à chaque grand événement sportif, les violences domestiques sont en hausse. Ainsi, lors de la dernière Coupe du Monde en 2006, dans certaines villes anglaises, la police avait noté une hausse de 30% des violences conjugales les jours où l’Angleterre jouait... Que son équipe gagne ou perde, il semble que l’effet soit le même : sous l’influence de l’alcool et de la montée d’adrénaline le supporter se croit permis de se défouler sur sa partenaire. C’est dans ces moments qu’on se réjouit que la Belgique ne soit pas qualifiée !

Cette année donc, en Angleterre, des campagnes d’affichage ont été lancées pour tenter de prévenir une nouvelle flambée de violences domestiques. Elles s’adressent autant à l’éventuel agresseur, pour le conscientiser sur les conséquences de ses actes et l’informer des aides existantes, qu’aux éventuelles victimes. Ces campagnes ont le mérite de transmettre aux femmes le message qu’il ne s’agit pas de subir en silence, en attendant que la Coupe soit terminée – ou leur équipe enfin éliminée ! - qu’elles peuvent se protéger, qu’il existe des portes de sortie.

Les joueurs de foot eux-mêmes ne donnent pas forcément le bon exemple. Si les insultes d’Anelka ou le goût de Ribéry pour les prostituées mineures ont fait la « une », les maris violents sont moins médiatisés. Epouse d’une de ces idoles des foules, l’ex-femme de Paul Gascoigne a décidé d’alerter les autres femmes. Gascoigne fut, dans les années 80, une des grandes stars du foot anglais. Il passait pour le « mauvais garçon du football »... Mais attention, si « mauvais garçon » est péjoratif quand on est un jeune immigré de Molenbeek, pour une star de foot, c’est plutôt un compliment. Donc Paul Gascoigne, en plus de marquer des buts, marquait aussi sa femme. Elle l’a quitté et aujourd’hui elle lance ce message : « Vous ne pouvez pas le changer, mais vous pouvez partir »

Ce message paraît d’autant plus important quand on lit dans une étude européenne récente que les violences conjugales débouchant sur la mort de la victime sont en hausse en Europe). Et même que, dans certains pays comme la France, les victimes qui se suicident, ne voyant aucune issue à leur situation, sont encore plus nombreuses que celles qui meurent sous les coups. Leur dire qu’il existe une porte de sortie, qu’elles peuvent se protéger, être aidées, accueillies... voilà un message essentiel.


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