Pour une vraie politique de prévention

Justice, sécurité, prévention : à côté des questions socio-économiques et institutionnelles, ce sont là des thèmes centraux de la campagne pour les élections du 13 juin.

Encore faut-il s’entendre sur les mots. Car si la « prévention » est un terme très à la mode, elle se réduit trop souvent à des effets d’annonce, des coups médiatiques ou des projets ponctuels, sans suivi ni évaluation. Ou encore il prend forme dans ces grandes « campagnes de sensibilisation » dont les effets s’évaporent bien vite et qui mènent trop souvent à une surcharge de demande auprès des services d’aide qui, eux, ne sont pas renforcés au même moment.

De plus, certains sujets sont mis en avant, que ce soit par un fait divers tragique ou la volonté d’un/e ministre, en rejetant les autres dans l’obscurité. Par exemple, ces dernières années, l’accent est mis sur les violences conjugales ou violences entre partenaires. Un sujet qui mérite évidemment toute l’attention politique – mais faut-il pour autant oublier d’autres thèmes, comme par exemple les viols ou le harcèlement sexuel et moral ?

Nous pensons au contraire que la prévention des violences est une question de fond, qui doit être traitée dans sa globalité et dans la durée – en n’oubliant pas la perspective de genre. Ce qui implique un travail continu et pluridisciplinaire, des partenariats solides qui ont besoin de temps pour se construire et une coordination forte. Mais surtout une politique qui ne soit pas chaque fois remise en question par de nouvelles élections. C’est indispensable pour pouvoir créer des outils efficaces et pour se donner une chance d’atteindre les publics plus vulnérables – migrant-e-s, personnes vivant dans la précarité...

Une véritable politique de prévention exige donc des moyens matériels et humains durables, plutôt que de sauter d’un projet à l’autre sans même se donner la possibilité d’une évaluation sérieuse qui guiderait les investissements futurs. Une évaluation qui poserait des questions très concrètes : cette action a-t-elle permis de faire baisser le nombre d’agressions ? Et si des faits de violence ont tout de même eu lieu, a-t-elle contribué à limiter les conséquences néfastes pour la victime ?

Voilà qui demande une vision à long terme et une collaboration suivie avec des acteurs/actrices de terrain. Pour sa part, Garance est disponible pour y travailler... avec ou sans le nouveau gouvernement. Nous ne faisons pas de recommandation électorale, sauf celle-ci : allez voter, et de préférence pour un parti ou des candidat/e/s qui représentent une politique préventive qui intègre tout le monde. Car le droit à la sécurité est un droit humain et inaliénable.


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