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N° 103 – Mars 2021


8 mars, Garance en grève


Le 8 mars 2021, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Garance a pris part à la grève féministe. Dès 9h du matin, nous avons déployé devant les bureaux une bannière Garance et expliqué aux passant.e.s les raisons pour lesquelles, en tant qu'asbl d'autodéfense pour femmes et filles, nous étions en grève. Nous avons mis l'accent sur le manque de moyens investis dans la prévention et sur les conséquences dramatiques du caractère non-prioritaire de la lutte contre les violences sexistes dans l'agenda politique. Bien que nous rêverions de vivre dans une société où notre travail ne serait plus nécessaire, ce n'est toujours pas le cas et nous devons malheureusement poursuivre nos missions à bien...avec des bouts de ficelles !

Nous nous sommes ensuite déplacées à la Colonne du Congrès pour une action en hommage aux femmes victimes de féminicides, plus inconnues que le soldat inconnu ! Nous avons rappelé le caractère systémique des violences basées sur le genre et son incidence sur nos vies. Nous avons ensuite lu le nom et l'âge des disparues que nous ne laisserons pas tomber dans l'oubli. Les violences, nous en avons marre et nous ne nous tairons pas. Le Collecti.e.f 8 maars nous a rejoint et ensemble nous avons fait du bruit à grand renfort de slogans et de chants féministes de lutte. L'action en images,c'est ici



Des nouvelles de Garance 

Bienvenue à Hind

Hind n'est pas une inconnue chez Garance puisqu'elle est, depuis deux ans, formatrice d'autodéfense formée par nous et spécialisée dans les formations pour les plus jeunes. La voici qui rejoint l'équipe pour s'occuper plus particulièrement de notre travail avec les filles de 8 à 16 ans.

Enfants CAPables dans deux nouvelles écoles 

Notre projet Enfants CAPables a heureusement pu continuer malgré la crise sanitaire. Nos CAPeuses ont eu le bonheur d’animer en présentiel toutes les classes primaires de l’école des 4 Saisons à Saint-Gilles. Et ce fut un plaisir partagé par les enfants, les parents et le personnel scolaire. En un mois, plus de 130 enfants ont renforcé les outils qu’iels possédaient déjà pour préserver leurs droits d’être en sécurité, fort.e.s et libres ! De quoi motiver nos animatrices pour leur arrivée à l’école JJ Michel en ce mois de mars, également à Saint-Gilles.

Prévention des violences dans les Espaces Publics  

Nous vous partageons deux interventions que nous avons faites dans le cadre de notre projet Espaces Publics aux côtés d'autres collectifs et associations féministes. Pour l'émission "En quête de sens" du Centre d'Action Laïque, Sexiste, l'espace public ? nous revenions sur l'importance de penser les violences faites aux femmes en termes de continuum de violences plutôt que selon la séparation public-privé. Ensuite, dans le cadre du Manifestival d'Amnesty International, nous avons parlé des inégalités de genre, des marches exploratoires féministes et des stratégies d'actions pour la prévention des violences.  

Formation internationale de formatrices

Garance participe aussi à un projet Erasmus+ qui consiste à former onze jeunes femmes et personnes non-binaires ou trans* islandaises et roumaines à devenir formatrices d'autodéfense féministe. Cette formation aurait du déjà commencer il y a un an, mais hormis une introduction théorique et quelques réunions en ligne, le groupe attendait de pouvoir voyager pour démarrer réellement la formation. Début mars aurait du avoir lieu le premier module en présentiel qui, une fois de plus, a du être postposé. Pour ne pas se décourager et quand même déjà commencer le processus d'apprentissage, nous avons organisé une formation en défense verbale en ligne. Ce fut une première occasion pour les participantes de travailler ensemble au-delà des frontières et elle a ravivé la flamme de l'enthousiasme. Nous croisons les doigts que le module prévu pour juin pourra avoir lieu en présentiel, si le covid le permet, en Islande. A suivre...

Grande rencontre des formatrices d’autodéfense du projet européen No means No  

Le samedi 13 février, Garance a organisé une rencontre en ligne de 25 formatrices d’autodéfense polonaises, allemandes, françaises et belges participant au projet européen No means No. Ces 25 formatrices suivent, dans le cadre de ce projet coordonné par Garance, une formation spécialisante pour encadrer des femmes en situation de handicap (moteur, auditif, visuel et intellectuel). Cette matinée a été l’occasion d’échanges fructueux, en petits groupes, sur les mises en pratique de nos apprentissages dans les différents pays. Ce partage d’énergie, de bonne pratiques et de connaissances était vraiment très motivant pour nous toutes malgré les restrictions dues à la crise sanitaire.

#PatriarQuoi : Garance est passé par là !  

On vous l’avait déjà dit, mais on n’avait pas encore le lien disponible. Alexine a été interviewée dans le cadre de la campagne #PatriarQuoi menée par le Forum des Jeunes sur le thème des violences faites aux femmes. Ca a été l’occasion de parler des préoccupations des femmes de 16 à 30 ans, notamment leurs craintes dans l’espace public et autour du cyber-harcèlement mais aussi des pistes pour prévenir les agressions pour soi ou comme témoin.


Des nouvelles du monde 

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Féminicides: nos mortes 

Depuis notre dernière newsletter, 3 femmes, Jana, Cennet, Cindy, ont été tuées en Belgique. Et trois enfants Jasmien, Emelyne et Brandon. Un des meurtriers est un policier. Pour la dernière victime Cindy et ses deux enfants, les interventions de la police n'ont pas pu empêché les meurtres. Nous ne les oublierons pas. Le blog Stop Féminicide recense les meurtres de femmes et d'enfants sur base de ce qui est visible dans les médias car il n'y a pas de statistiques officielles et publiquement accessibles.

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Claire Waxman : intimidée pour son combat pour les femmes

Claire Waxman, première commissaire aux victimes de la ville de Londres, est la cible de harcèlement de groupes sur les réseaux sociaux. La raison ? Sa volonté de respecter ses engagements, notamment le projet d’amender la loi sur les violences domestiques. La commissaire explique être victime de menaces et d’attaques coordonnées par plusieurs individus anonymes sur les réseaux, visant à la dissuader de mener à bien son combat : cela s’apparente à du harcèlement de groupe, phénomène croissant et connu des spécialistes. L’objectif est d’empêcher des voix légitimes de femmes de s’exprimer en créant la peur d’être visée par ce phénomène.

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Sexisme dans l’espace public : oui à une sensibilisation de grande échelle !

Après de multiples constats sur l’insécurité des femmes dans l’espace public, les agressions verbales et/ou physiques auxquelles elles sont confrontées, les politiques ont finalement décidé d’agir. La ministre des Droits des femmes Christie Morreale et le ministre de la Mobilité Philippe Henry se sont alliés avec la TEC autour d’une campagne de sensibilisation de grande ampleur contre le harcèlement sexiste dans l’espace public : « J’agis ». Celle-ci consiste en des phrases « chocs » sensés rendre compte du quotidien des femmes, et endes capsules vidéos mettant en scène des réactions de témoins d’agressions sexistes, simples et efficaces pour détourner l’attention du harceleur. En bref, une action tardive mais ô combien utile !

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Des nouveaux moyens pour lutter contre les violences de genre !

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé le doublement des moyens alloués aux victimes de violences sexuelles. En effet, au lieu des 8,5 millions accordés en 2020, 17,8 millions d’euros seront sur la table en 2023, et ceci afin de pérenniser le modèle des centres de prise en charge des victimes de violences sexuelles. Bien que nous saluons cette décision de bon sens, nous déplorons le manque de moyens (fixes) alloués à la prévention des violences de genre, tout aussi essentielle et sensée dans la lutte effective des violences faites aux femmes.

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Violences entre (ex)-partenaires : un guide pratique est disponible !

Les violences entre (ex)-partenaires ont des conséquences multiples sur la vie des femmes, notamment économiques. La violence subie impacte largement le bien-être psychosocial de celles-ci au boulot, leur concentration, sans parler des absences voire départs brutaux qui peuvent en découler. C’est une réalité à laquelle l’ASBL Pour La Solidarité (PLS) a décidé de s’attaquer, en partenariat avec l’Institut pour l’égalité des hommes et des femmes, au moyen d’un guide pratique à destination des entreprises belges sur les violences entre (ex)-partenaires. On aurait aimé une analyse plus poussée en terme de genre et de justice sociale, mais d’intéressantes clés de compréhension des mécanismes et enjeux sous-tendant ces violences s’y trouvent !

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Droit à l'intégrité physique des mineurs intersexes

Ce n’est encore qu’une proposition de résolution mais c’est un bon début : la Chambre a approuvé le 11 février une résolution qui reconnaît le droit à l'intégrité physique des enfants intersexes. Les enjeux sont multiples : interdiction de toute décision de modification des caractéristiques sexuelles d’un enfant sans son consentement éclairé, formation des professionnel·le·s de santé, création de centres de référence, recherche sur les pratiques actuelles... En Belgique, environ 1,7 % des enfants naissent avec des caractéristiques intersexes. Dans la majorité des cas, leur santé n’est pas en danger. Malgré cette absence d’urgence médicale, de nombreuses opérations dites « normalisatrices » sont pratiquées dès la naissance. Les parents consentent sous la pression de la norme et c’est ensuite aux enfants de subir toute leur vie les conséquences d’un choix qu’ils n’étaient pas en mesure de poser. Si cette résolution est un premier pas prometteur, il reste d'autres chantiers, à savoir sortir de la binarité de genre ou carrément supprimer toute référence au sexe sur les papiers d'identité, comme ce sera bientôt le cas aux Pays-bas.

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Maroc : deux mouvements de résistance

Le tribunal de première instance de Zagora a récemment acquitté un couple vivant en concubinage, càd en violation de l’article 490 du Code pénal marocain, incriminant les relations sexuelles hors mariage. Cet acquittement fait suite à la très forte mobilisation, notamment du Collectif 490, qu'avait suscité la condamnation d'une femme à un mois de prison. Le Collectif voit dans cet acquittement un signe positif en faveur des libertés individuelles marocaines. Ce n'est pas la seule qui bouge : la web-série animée #TaAnaMeToo, diffusée le 8 mars et portant la parole anonyme de 4 femmes et de leurs vécus de violence. Divers artistes et dessinat.eur.rice.s marocain.es ont été impliqué.e.s dans ce projet mêlant art et libération nécessaire de la parole.

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Un signe de la main pour demander de l’aide en cas de violence conjugale

Les mesures d'isolement sociale nécessaires pour vaincre la pandémie du COVID ont des répercussions grave dans certains foyers. C'est pourquoi la Fondation canadienne des femmes a élaboré un signe de la main afin que les femmes qui sont victimes de violence conjugale puissent discrètement réclamer de l'aide durant un appel vidéo ou d'autres circonstances où la personne ne peut pas parler.

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Argentine : Manifestations de masse contre les féminicides

Le 4 mars, l’Argentine a connu son 47ème féminicide. La victime (41 ans) a été assassinée par son compagnon, un policier qui a utilisé son arme de service. C’est sa fille de 13 ans qui a découvert le corps avant d’appeler les secours.La semaine précédente, un autre féminicide (Ursula, 18 ans) avait également été perpétré par l'ex-compagnon de la victime, un policier, contre qui elle avait porté plainte à 18 reprises. Ce crime avait déclenché des manifestations de milliers de femmes dans tout le pays. Entre début janvier et début mars, 69 femmes, travestis ou trans ont été assassiné.e.s, soit un.e chaque jour ! Et en 2020, 270 féminicides ont eu lieu en Argentine.

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Chapeau aux féministes iraqiennes

Quand en cas de violences conjugales, la police fait, au mieux, de la médiation, quand la punition des femmes par leurs maris est légale, quand les politiques acceptent ces violences pour ne pas augmenter le taux de divorces... les féministes organisent des maisons d'accueil clandestines. En Iraq, il est interdit d'héberger des femmes victimes de violence conjugale, car cela « diviserait les familles ». Et elles font ça face aux attaques de la police, des tribus et des hommes violents. Triple chapeau!!!

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Les violences policières reconnues par des policiers, enfin !

Le 24 janvier dernier, une manifestation contre la justice de classe avait lieu sur le Mont des Arts. C’est dans ces conditions que 245 personnes, dont 86 mineurs, ont été interpellées et ont fait part sur les réseaux sociaux des abus dont ils ont été victimes. Or, certains policiers ont eux-mêmes dénoncés la violence utilisée par certains de leurs collègues et l’ont fait savoir à leur syndicat CGSP : c’est ainsi que le syndicat a reconnu l’existence de violences policières dans une lettre adressée au bourgmestre Philippe Close, fait inédit ! En effet, la police est un milieu dans lequel la peur des représailles est grande, ce que le CGSP dénonce en demandant un régime de protection qui encadrerait les policiers souhaitant témoigner.

La science dit  

Quand on est enfermé.e avec son agresseur...  

Bruxelles Prévention et Sécurité a publié un rapport sur l'impact du premier confinement sur les violences intrafamiliales, basé sur des données collectées par les zones de police et différents services d'aide entre la mi-mars et la mi-mai. Tandis que le nombre de pvs de police diminue drastiquement, notamment pour les violences physiques envers les enfants (-50%) et les partenaires (-12%), ceux pour les « différends familiaux » augmentent. Les femmes sont surreprésentées parmi les victimes adultes (2/3 à 3/4), tandis que les garçons le sont parmi les victimes mineures (1/3 à 2/3). Point positif : il semble que les voisin.e.s interviennent plus souvent en appelant la police. La diminution des pv, ainsi que la diminution des signalements auprès des équipes SOS Enfants, est opposée à une forte augmentation d'appels aux lignes d'écoute et autres services d'aide, ainsi qu'un déplacement des appels d'aide vers des moyens de communication plus discrets (appels plus courts, en soirée ou week-end, chat, mails). S'il n'est pas possible de prouver une augmentation absolue des situations de violence (le rapport affirme un peu vite que « le confinement ne crée pas les violences conjugales »), l'urgence des situations rapportées, elle, est clairement plus grande, ce qui se traduit, entre autres, part une augmentation de +253% des demandes d'hébergement avec adresse secrète. L'isolement des victimes, le contrôle accru par l'auteur et le stress général d'être enfermé.e avec son agresseur expliquent cette intensification de l'urgence pendant le confinement. L'analyse émet quelques recommandations qui, à notre grand regret, négligent complètement la prévention primaire des violences et renforcent par là l'idée que les violences intrafamiliales seraient une fatalité.

Aline Distexhe et Lucas Leprince : Les violences intrafamiliales en Région de Bruxelles-Capitale en période de confinement. Juin 2020.

On a lu ou vu pour vous 

Jujitsuffragettes, les amazones de Londres 

Cette BD, préfacée par Elsa Dorlin, sur le parcours d’Edith Garud, l’une des premières formatrices d’autodéfense féministes en Europe autour des années 1910, est sympa, agréable à lire et se veut instructive. Bref une chouette initiative. Quelques bémols néanmoins : des erreurs chronologiques et des erreurs d’attribution dans les différents rôles joués (lié au format qui nécessite de simplifier une situation complexe), une approche centrée sur l’individu (Edith Garud ici) plutôt que sur le collectif, et malheureusement une occasion ratée de renseigner concrètement sur les structures actuelles d’autodéfense féministe.

Jujitsuffragettes, les amazones de Londres de Clément Xavier et Lisa Lugrin (Delcourt, 2020)

Activités de Garance 

Tarifs et modalités d'inscription

Self-care workshop
on Sunday, the 28th of March
From 10:00am to 16:00pm
On line
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complet

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