Si cette Newsletter ne s'affiche pas correctement, cliquez ici.
Vous ne voulez plus recevoir notre Newsletter? Une remarque, une suggestion ? Contactez-nous

N° 100 – Décembre 2020


Avoir 20 ans en 2020…

Garance fête un anniversaire important cette année, sans avoir la possibilité de le fêter comme il se doit…

20 ans en 2020, cela sonnait bien, mais décidemment cette année n’aura pas été comme les autres.

Si l’on y réfléchit, il y a pourtant eu quelques bonnes nouvelles et quelques initiatives heureuses, cette année : la Conférence Interministérielle Droits des femmes, la rapidité à laquelle des mesures d’urgence ont été prises lors du confinement malgré l’oubli de la prévention primaire, la volonté d’intégrer des contenus liés aux violences faites aux femmes (conjugale, sexuelles, MGF, mariage forcés violences et liées à l’honneur) au sein des cursus relevant des quatre secteurs professionnels suivants : médical et paramédical ; psychosocial ; juridique ; média et communication, les retombées médiatiques et politiques du rapport GREVIO, la mention pour la première fois du soutien à l’autodéfense féministe dans de nombreux plan d’actions, et enfin, n’oublions pas, la fin du mandat de Trump !



Des nouvelles de Garance 

« L’empowerment: penser l’émancipation et l’autonomisation des filles et des adolescentes »

Garance dispensera cette formation gratuite à destination des professionnels les jeudi et vendredi 25 et 26 mars 2021 dans ses locaux. Qu’est-ce-que l’empowerment pour les filles de 12 à 22 ans? Comment les systèmes d’oppression impactent la réalité de vie de ces filles et contribuent à la limitation de leurs droits? Autant de questions qui seront abordées afin de fournir aux professionnel·le·s un bagage utile dans les différents contextes du secteur de la jeunesse. C'est gratuit mais il faut s'inscrire et les places sont limitées.

Garance n’a plus besoin de dons cette année, d’autres oui ! 

Economiquement, Garance a relativement bien survécu à cette année catastrophe, et nous sommes dans la position confortable de ne plus avoir besoin de dons en 2020. Nous attirons donc votre attention à plusieurs causes qui ont un besoin de soutien plus urgent que nous, car c'est aussi ça, la solidarité. Accueil Montfort, une maison d'accueil pour femmes à Jette, doit racheter le bâtiment que le propriétaire veut vendre, pour éviter que les hébergées ne se trouvent dans la rue. Deux populations ont particulièrement souffert de cette pandémie, car les mesures sanitaires les empêchent de gagner leur vie et les allocations et aides officielles leur sont fermées. Nous vous invitons à soutenir la Coordination des sans papiers, car les personnes sans papiers ont besoin, plus que jamais, d'une voix forte qui défende leurs droits. Et pour une aide concrète aux personnes qui travaillent dans la prostitution, vous pouvez faire un don au fonds d'urgence de UTSOPI.

Les cabinets médicaux - zones à (se) défendre

On vous en a déjà parlé, Garance a coopéré à la rédaction d'un guide d'autodéfense féministe en milieu gynécologique qui est paru en avril. Plusieurs projets de présentation ont du être annulés à cause de la situation sanitaire actuelle, mais nous ne baissons pas les bras. Bruxelles laïque fait une nouvelle tentative le 21 janvier avec une conférence-débat en ligne au sujet « Sécurité des patientes et autodéfense féministe : de l'individuel au collectif », avec des représentantes de La santé en lutte, Plateforme pour une naissance respectée, Collective « La Batarde » et Garance. Pour trouver le lien, guettez notre page Facebook où nous partagerons l'événement dès que possible.

Travailler chez Garance asbl  

Deux emplois à pourvoir chez Garance en ce moment : un poste de collaboratrice.teur du projet “Mérida”, autodéfense pour filles, et un poste de chargé.e de communication (dont nous avons grand besoin!). On vous attend.

Prochaine Assemblée Générale de Garance  

Nous avons du décaler la date ! Merci de noter que notre association tiendra sa prochaine Assemblée Générale le mardi 19 janvier 2021 à 18h Si vous souhaitez nous rejoindre et éventuellement présenter votre candidature comme membre de l’AG ou du CA, n’hésitez pas à nous écrire pour obtenir plus d’informations.


Des nouvelles du monde 

smiley

Recrudescence de féminicides 

C’est 4 nouveaux féminicides que le blog Stop Féminicide dénombre pour le seul mois de novembre. En un mois, nous avons été séparée de N.V, Sofie M., France G., et Ghislaine T. S’ajoutent à elles Martine V.D., âgée de 55 ans et tuée à Lokeren le 5 décembre et Halina M, 63 ans, tuée à Anvers le 12 décembre. Puisqu’une vague de violences conjugales traverse le reconfinement, nous souhaitons vous rappeler comment se protéger et comment intervenir en tant que témoin afin de prévenir un maximum ces agressions.

smiley

Des logements scolaires transformés en refuge pour les victimes de violence

Confronté à une évolution croissante des violences domestiques, le conseil municipal de Marseille a choisi d’innover en transformant des logements scolaires de fonction inoccupés en hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences. Cependant, les associations de terrain critiquent les difficultés pratiques qui en découlent pour les femmes, notamment la courte durée de l’hébergement proposé (1 semaine). Nous rejoignons le point de vue de Paula Cusi Echaniz, coordinatrice régionale des Centres d'information sur les droits des femmes et des familles à Marseille: «C’est une bonne chose de mettre à disposition des lieux inutilisés qui pourraient être reconvertis, c'est mieux qu'un hôtel, mais ce n'est pas une solution précaire qui va faire que les femmes victimes de violences quittent leur domicile».

smiley

Quand le Covid-19 s’ajoute aux conflits armés: 54 millions de femmes en détresse

L’Agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et reproductive (UNFPA) a lancé le 7 décembre 2020 son plus grand appel aux dons (818 millions d’euros). En effet, le Covid-19 a encore dégradé la situation de nombreuses femmes situées dans des zones à risque (notamment la Syrie et le Yémen): l’UNFPA a recensé 54 millions de femmes et de filles dans le monde faisant face à des défis majeurs. Pour ces femmes, les services de santé sexuelle et gynécologique sont suspendus, la violence domestique et les mariages d’enfants croient, de même que leur détresse psychologique.

smiley

Masques pendant l'accouchement

En ces temps de pandémie, il n’est plus rare de tomber sur l’une ou l’autre mesure absurde censée lutter contre le Covid-19. Mais l’obligation d’accoucher masquée imposée par certaines maternités décroche la palme. Une enquête révèle que 42% des femmes ont été contraintes de respecter cette règle, relevant de la violence obstétricale. Privées d’une respiration essentielle à l’accouchement, et également de leurs conjoints, nombreuses sont celles qui témoignent du traumatisme subi. Un exemple de plus qui témoigne de la place des droits des femmes dans la hiérarchie sociétale des besoins à respecter.

smiley

Assassinat de Hanane Al-Barassi, éminente avocate et féministe libyenne

L’avocate Hanane Al-Barassi a été assassinée le 10 novembre dernier dans l’une des plus artères les plus fréquentées de Benghazi en Libye. Hanane Al-Barassi était une figure féministe en Libye: elle y dirigeait une association locale de défense des droits des femmes, recueillait des témoignages de femmes victimes de violences diffusés ensuite sur les réseaux sociaux. Au moment de sa mort, Hanane critiquait le pouvoir en place dans un Facebook-live et y confiait sa peur d’être prise pour cible: elle s’apprêtait à exposer la corruption du fils de Khalifa Haftar, l’ « homme fort » de l’Est du pays. Encore un rappel douloureux du sort encouru par les femmes osant blâmer le pouvoir incarné par des hommes.

smiley

Femmes de 65+: les oubliées des statistiques

Moins visibles dans les statistiques, les femmes plus âgées ne sont pourtant pas épargnées par les féminicides. Les femmes de 65 ans et + représentent même 1/4 des victimes annuelles. Dans 11% des cas en 2019, le mobile du meurtre était en lien avec la maladie ou la vieillesse (le premier mobile reste la séparation): ce constat pose la question de la fin de vie, du rôle des personnes aidantes dont celui du conjoint. Bien que cette mission puisse constituer un poids, Sandrine Bouchait rétorque « les femmes, elles, prennent soin de leurs hommes jusqu’à la fin, sans les tuer ». Les chiffres sont sans appel: en 2018, deux femmes seniors ont tué leur conjoint tandis que 26 hommes ont tué leur partenaire ou ex-partenaire.

smiley

Adoption du plan intrafrancophone de lutte contre les violences faites aux femmes

Ce plan a récemment été adopté pour la période 2020-2024 en Belgique francophone et contient 65 mesures concrètes. Celles-ci s’articulent autour de « 18 objectifs opérationnels » parmi lesquels la généralisation des animations EVRAS au sein et en dehors de l’école, la prévention des violences obstétricales et gynécologiques, la création pour la Belgique francophone d’un pôle de formation sur les violences de genre, le renforcement des lignes téléphoniques spécialisées. On y retrouve également le soutien financier aux associations de terrain, et plus spécifiquement la mesure 43: « Soutenir les associations promouvant l’autodéfense féministe ». C’est déjà le deuxième plan d’action de l’année faisant mention explicite de notre combat : du jamais vu! En espérant que l’effet concret de ces mesures soit à la hauteur de leur effet d’annonce.

La science dit  

Une femme morte est une bonne mauvaise nouvelle  

Une nouvelle étude autrichienne regarde de plus près comment les médias – quotidiens et leurs pages sur les réseaux sociaux - parlent des violences faites aux femmes. On y constate qu'il faut pratiquement qu'une femme meure pour que le sujet se retrouve dans les médias, car les violences autre que le féminicide ne reçoivent pratiquement aucune mention. 81% de la couverture médiatique concernent les violences physiques, contre seulement 11% pour les violences sexuelles et 8% pour les violences psychologiques. Les médias dit “de boulevard” parlent bien plus souvent des violences, mais comme cas isolés, tandis que les médias dit” de qualité” présentent plus le sujet comme un problème sociétal. L'information médiatique dresse donc une image bien biaisée des violences faites aux femmes. Mais le diable est aussi dans le détail : un quart des articles ne nomment pas l'acte violent par son nom correct, les faits sont présentés de manière sensationnaliste, la violence est érotisée, légitimée et banalisée, la victime est tenue coupable, tandis que les journalistes adoptent la perspective de l'auteur... Le fait que les médias peuvent aussi jouer un rôle positif dans la lutte contre les violences faites aux femmes est démontré par seulement 11% des articles qui incluent des pistes pour obtenir de l'aide, présentent des exemples positifs de femmes qui ont su sortir d'une situation violente ou de témoins qui sont intervenu.e.s ou parlent de prévention. Pour faire de ces bonnes pratiques des pratiques courantes, beaucoup reste à faire, aussi en Belgique.

On a lu ou vu pour vous 

Je vais m’arranger - de Marina Carlos 

Le livre de Marina Carlos « Je vais m’arranger - Comment le validisme impacte la vie des personnes handicapées » part de son expérience de personne à mobilité réduite pour expliquer ce qu’est le validisme et tout ce qui en découle. Depuis les stéréotypes jusqu’aux discriminations en passant par la marginalisation, les problèmes d’accessibilité, l’intimité forcée, le validisme intériorisé, les représentations dans les médias (dont l’inspiration porn). Le tout à l’aide de situations vécues illustrées par Freaks. S’y trouvent aussi les exemples à suivre, les revendications des personnes handicapées ainsi que les activistes qui l’inspirent. Cette lecture a été l’occasion pour nous de re-réfléchir à certains mots que nous utilisons autour de notre projet d’animatrices paires « Femmes vivant avec un handicap intellectuel : actrices de leur sécurité ».


Activités de Garance 

Tarifs et modalités d'inscription

Formations à Bruxelles 

Entraînement : Se défendre face à plusieurs agresseurs
11 janvier 2021
de 19 à 21h
Garance asbl, 1000 Bruxelles
Résister à l’antiféminisme
We 23 + 24 janvier 2021
de 10h à 17h
Garance asbl, 1000 Bruxelles

Formations en Wallonie 

Autodéfense pour femmes, Tournai
WE 9 + 10 janvier 2021
de 10h à 17h
Solidaris CMT, 7500 Tournai
Autodéfense pour filles de 10 à 12 ans, LLN
Samedi 24 janvier 2021
de 9h30h à 16h30
ChezZelle, LLN
Défense verbale pour femmes, LLN
Dimanches 31 janvier + 7 février 2021
de 9h30h à 16h30
ChezZelle, LLN
Voir l'agenda
complet

Envoyer à un.e ami.e

Nous rejoindre sur Facebook