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N° 99 – novembre 2020


Quand un virus ne nous laisse pas travailler

Le plaisir de vous retrouver, même avec des gestes barrières, dans nos formations d’automne n’aura pas duré longtemps... Nous voilà obligées d’annuler nos stages à destination des adultes jusqu’à la fin de l’année. Pour vous faciliter l’attente et donner un brin d’espoir, les programmes d’activités de Garance pour l’année 2021 seront bientôt disponibles sur notre site, marquant la fin d’une année mouvementée. Il y en un pour la région bruxelloise et un autre pour la région wallonne. Une seule chose à espérer : que nos activités puissent se dérouler, avec ou sans gestes barrières !

Nous sommes à nouveau en télétravail et restons joignables directement par e-mail. En attendant, selfcare et selflove pour tou.te.s, prenez soin de vous !



Des nouvelles de Garance 

Tout n'a pas été nul en 2020

2020 devait être une année importante pour nous. Nous aurions voulu bien marquer le coup mais le contexte nous empêche de nous réunir et nous n'avons pas spécialement le coeur à la fête. Lassées de toutes les annulations, nous avons donc décidé de ne rien faire pour instant mais nous tenons à vous le faire savoir :

Et nous vous promettons que, dès qu'on pourra, nous fêterons ça comme il se doit.

Prochaine AG de Garance 

Notre association tiendra sa prochaine Assemblée Générale le 14 décembre à 18h à distance. Si vous souhaitez nous rejoindre et éventuellement présenter votre candidature comme membre de l’AG ou du CA, n’hésitez pas à nous écrire afin d’obtenir plus d’informations.

Formations en lignes

Le contexte nous oblige à nous adapter, si nous voulons poursuivre la mission que nous nous sommes donnée. Nous nous sommes donc mises à la tâche pour développer autant que faire ce peut des formations en ligne. Toutes nos formations ne s'y pretent évidemment pas mais ce nouveau défi nous force à nous renouveler. Il nous apprend aussi qu'il est des publics pour lesquels les formations virtuelles sont les seules possibles et que nous ne touchions pas ou peu ces publics jusqu'à présent. Pour décembre 2020 nous vous proposons déjà trois séances, plus théoriques que ce que nous faisons généralement, histoire d'apprendre quand même et de rester en contat aussi : les Midis de Garance animé par Irene Zeilinger. Il ne reste plus qu'à s'inscire!

Bienvenue Alexine  

Toute l’équipe de Garance est très heureuse d’accueillir Alexine Denonville comme bénévole. La période n’est pas des plus faciles et Alexine n’aura guère eu le temps de voir les bureaux de l’association, mais son aide n’en est que plus précieuse.

Garance dans les médias  

💥Les Grenades - RTBF ont interviewé Laura Chaumont pour voir ce qu'on peut faire quand on est agressée dans l'espace public. Bien sur ses conseils s'appliquent aussi aux violences dans l'espace privé.


Des nouvelles du monde 

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Féminicides : ça doit cesser 

Depuis le dernier recensement du blog Stop Féminicide, dont nous vous parlions dans notre dernière newsletter, 5 nouveaux féminicides ont eu lieu en Belgique. 5 femmes tuées parce qu'elles sont des femmes. Salwa a été tuée de plusieurs coups de couteaux par son ex-mari. Elle avait déposée plusieurs plaintes auprès de la police. N.W. A été retrouvée morte chez elle, rouée de coups ; Sofie Michiels, 40 ans, a été tuée à son domicile par une connaissance de 36 ans qui a lui-même appelé la police. France Gérard, a été tué d'un coup de fusil dans le dos par son ex-compagnon, il l'a enterrée près de chez lui. Selon les témoignages de ses proches, France Gérard craingnait pour sa vie Ghislaine Thissen, une agricultrice de 63 ans, a été tuée par asphyxie. Cette liste macabre doit cesser. Garance dénonce le manque de réponse adéquate fournie par les autorités aux victimes de violence, laissant un sentiment de toute puissance et d’impunité aux agresseurs

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Pologne: mobilisations massives en faveur des droits des femmes

Le 22 octobre, c’est un tribunal constitutionnel fraichement recomposé par le parti au pouvoir, le PiS, qui a statué sur l’interdiction de l’avortement dans pratiquement tous les cas en Pologne. Depuis ce sont des centaines de milliers de Polonais.ses, ils et elles sont 92% à rejeter les lois anti-avortement, qui ont défilé dans les rues principales des grandes villes du pays pour marquer leur ferme opposition au projet de société qui leur est imposé.Le gouvernement a du céder: le verdict est suspendu mais la cause n'est pas encore gagnée et les manifestations continuent.

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Scoop : pour plus de sécurité, plus de présence humaine !

C'est ce qu'a proposé, suite à une enquête menée par le SPF Mobilité sur les avantages et inconvénients des transports en communs, le nouveau ministre fédéral de la Mobilité Georges Gilkinet. Cette enquête pointait le sentiment d'insécurité dans les transports en commun, notamment des femmes. Pour y répondre, Gilkinet prévoit une augmentation de l’offre de transport en commun ainsi que du personnel. Garance est 100% d'accord avec ces propositions! Elles faisaient d'ailleurs partie des recommandations que nous avions faites dans notre cahier de recommandations à la STIB il y a plus de 10 ans et qui sont loin d'être mises en pratique. Il est bien temps de se rendre compte que les politiques sécuritaires ne sont pas efficaces, ni en terme de sécurité objective, ni en terme de sentiment d'insécurité, on applaudit donc ! Engager des gens, développer l'offre, refinancer les services publics (transports en communs, écoles, hopitaux, ...) quoi !

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Plan d’action contre le sexisme et le harcèlement sexuel à l’université Saint Louis Bruxelles.

L'Université Saint-Louis Bruxelles a lancé un plan d’actions de lutte contre le sexisme et le harcèlement sexuel. Ce plan vise à informer les étudiant·e·s et les membres du personnel universitaire ainsi qu’à leur donner les outils pour pouvoir détecter ces violences et y faire face.
Programmé juste avant la journée internationale du 25 novembre pour l'élimination de la violence faite aux femmes, ce plan d'actions a aussi permis de rappeler l’urgence d’augmenter les moyens de la prévention primaire. L’appel à manifester de la plateforme Mirabal a été relayé en introduction de la conférence inaugurale par les étudiant·es du projet sociétal Genre et Égalité de l’Université.

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WAVE, la vague non-virale

Le réseau européen des associations luttant contre les violences faites aux femmes, Women Against Violence Europe, a été particulièrement actif depuis le début de la pandémie : collecte de données sur l'évolution des violences faites aux femmes en temps de confinement, distribution de financements d'urgence aux services particulièrement touchés par la crise, échange de bonnes pratiques, organisations de formations en ligne... Cette ambiance d'urgence et de soutien mutuel était aussi au rendez-vous lors de la conférence annuelle qui s'est organisée cette fois-ci en ligne. Au centre des échanges : les approches intersectionnelles tout autant que la défense nécessaire de la convention d'Istanbul. Garance y a présenté le tout nouveau manuel de WAVE sur la neutralité de genre dans la lutte contre les violences comme obstacle pour les services spécifiques pour les femmes..

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Ariana Sampaïo acquitée!

Ariana Sampaïo, qui avait été condamnée à 7 ans de prison en première instance, a été acquittée! Ayant encaissé les coups de son conjoint, les insultes, les humiliations pendant les années, elle avait cherché de l'aide, sans succès. Quand son conjoint s'en est pris à sa fille, la menaçant de viol, elle a poignardé l'homme a deux reprises. Il est mort suite aux blessures. Dans un premier temps la justice française a condamné madame Sampaïo à 7 ans de prison, suscitant de vives réactions et une pétition de soutien. Cette condamnation est sévère au vu de la jurisprudence et intervenait alors même que le caractère de légitime défense a été reconnu au cours du procès. La cour d'assises d'appel,a reconnu l'erreur judiciaire et a acquitté Adriana Sampaïo, mais il faudra bien plus pour réparer ce que ces deux années de détention provisoire, séparation de ses enfants et incertitude constante lui ont fait. Symptomatique de comment la justice traite les femmes victimes de violences, tout ceci rappelle encore pourquoi il est si important que les magistrat.e.s soient formé.e.s à cette problématique.

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RainbowHouse et Equal Brussels en quête de vos témoignages!

La RainbowHouse et Equal Brussels sont à l’initiative d’un nouveau projet visant à lutter contre les attaques LGBTQI+phobes à Bruxelles. Comment? En invitant les personnes victimes de telles discriminations à témoigner de manière anonyme de leur expérience via une fiche de signalement. Des données précieuses à une meilleure connaissance de ce phénomène et à une meilleure prise en charge en région bruxelloise. Garance soutient cette initiative et encourage ses lecteurs.trices à y participer et/ou relayer l'info auprès de personnes concernées: fiche@rainbowhouse.be, par SMS/WhatsApp: +32 492 40 844 84 ou sur rendez-vous: Rue du marché au Charbon 42, Bruxelles.

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Nouvelle alliance anti-convention d'Istanbul

Les fondamentalistes chrétien.ne.s et l'extrême droite travaillent mains dans la main pour saper les droits humains que les mouvements féministe et LGBT+ ont arrachée de longue lutte. Etudes de genre, droit à l'avortement, mariage pour tou.te.s et lutte contre les violences faites aux femmes sont dans leur viseur, avec un impact dans le monde entier. La convention d'Istanbul, meilleur instrument international pour combattre les violences faites aux femmes, se voit attaquée pour des raisons absurdes, par exemple elle forcerait les enfants de changer de genre. Maintenant, la Pologne en rajoute une couche, avec une proposition de contre-convention pour la protection des enfants et la violence conjugale. On y trouve certains passages copiés-collés de la convention d'Istanbul, mais sans aucune référence au genre ou à l'inégalité structurelle évidemment et avec un engagement clair pour la défense des familles traditionnelles hétérosexuelles. Pour le moment, quatre pays ont été invités, dont seule la Slovénie a déjà dit non.

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Attentat Vienne: le retour des amalgames

Après les attentats survenus à Vienne début novembre, les attaques anti-islam sont en pleine recrudescence. Nombreuses sont les femmes qui témoignent de leurs craintes d’être prises pour cibles et pour cause : le port du voile les rend particulièrement vulnérables aux actes islamophobes. En France également, ce phénomène est réapparu suite aux récents évènements terroristes. Fin octobre, deux femmes musulmanes ont été attaquées au couteau au pied de la Tour Eiffel par deux autres femmes.

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Corinne Torrekens: harcèlement et menaces autour d’un désaccord intellectuel

Même au sein de la communauté scientifique, se révèlent des phénomènes de bassesses et d’intolérances aux colorations sexistes. Corinne Torrekens, docteure en sciences sociales et politiques de l’ULB, a fait l’objet d’une campagne virulente contre ses travaux sur les réseaux sociaux. Il y a lieu de s’interroger sur le rôle des réseaux sociaux dans cette affaire. Ils ne sont pas toujours le vecteur de la plus haute qualité de débats, et encore moins une source d’informations nuancées. Fonctionnant selon le modèle de ce que Shoshana Zuboff, a théorisé comme le « capitalisme de surveillance », les réseaux sociaux nourrissent les antagonismes et les clivages et nous enferment dans notre seule vision du monde, où gravite et prospère la désinformation et le complotisme, sans laisser de porte ouverte à la pensée d’autrui, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une femme. Il est urgent de suivre le conseil énoncé dans le documentaire The Social Dilemma de Jeff Orlowski en suivant systématiquement les comptes et les profils d’acteurs·rices de société qui ont des avis différents des nôtres afin de laisser une chance à la démocratie de sortir vivante de la révolution numérique.

La science dit  

Sexisme ou misogynie ?  

Depuis une dizaine d'années, le sexisme (ordinaire et extraordinaire) redevient un sujet de débat public, de recherche et d'activisme féministe, et c'est tant mieux. La philosophe australienne Kate Manne ajoute à ces échanges un livre qui fait du bien, car il permet de préciser ce que le mot « sexisme » veut dire et comment il fonctionne dans différents contextes. Manne distingue le sexisme, en tant qu'idéologie - qui fait croire que le genre est naturel, binaire, complémentaire et hiérarchique - de la misogynie. Celle-ci décrit le contrôle et la punition des femmes qui défient la domination masculine et sert d'outil pour le maintien de l'ordre de genre. Cette distinction et ces définitions sont utiles, car elles permettent de qualifier des comportements comme sexistes ou misogynes sans qu'on doive apporter la preuve que l'auteur.e haït les femmes ou a l'intention de les dominer. Ajout intéressant au vocabulaire : himpathy (him/lui + empathie) qui désigne « la sympathie excessive démontrée envers les auteurs hommes de violence sexuelle ». A quand une traduction en français ?

Kate Manne (2018). Down Girl : The Logic of Misogyny.

On a lu ou vu pour vous 

La rumeur qui me suit  - de Laura Bates 

Dans son roman « La rumeur qui me suit », Laura Bates – fondatrice du site Everyday Sexism Project dont le but est de récolter des témoignages de sexisme partout dans le monde - nous dresse la réalité du cyber-harcèlement vécu par une adolescente. C’est en lançant son site internet que Laura Bates a elle-même été victime de cyber-harcèlement. Dès lors, son roman traduit une démarche d’empowerment qui est à saluer : à travers son héroïne Anna Clark, Laura Bates livre son témoignage comme message de prévention aux jeunes adolescentes.
Anna Clark est une jeune adolescente fragilisée par la mort de son père et la difficulté d’entretenir un vrai dialogue avec sa mère. C’est alors que la jeune fille rencontre un garçon, Chris. Celle-ci pense l’aimer et croit être aimée retour, sauf que Chris lui demande des photos toujours plus dénudées. Anna accepte ce chantage pensant consolider la relation mais il n’en est rien et la chute est brutale. Les photos sont publiées, Anna est harcelée et lâchée par ses amies, ses notes chutent et la voilà obligée par sa mère (pensant la protéger) de changer de ville et de nom pour atterrir dans un nouveau lycée où elle pensait pouvoir repartir à 0. Sauf que voilà: le poids de la rumeur la suit.
Dans un style brut et lucide, l’auteure raconte en détail la vie ruinée d’une jeune adolescente par une génération dopée à l’apparence, l’individualisme et l’esprit de groupe jetant l’opprobre sur tout comportement jugé « déviant ». Le dénouement du roman met cependant en lumière l’effet rédempteur et libérateur de la parole. Anna se rebelle contre ses agresseurs avec l’appui de sa mère et sort progressivement d’une position de victime pour devenir maitresse de sa vie (« Nous sommes les petites-filles des sorcières que vous n’avez pas réussi à bruler. Et nous ne nous laisserons plus faire. » p. 299). Le voile se lève alors sur un patriarcat incarné autant par les élèves que par la direction de l’école. En bref, un livre à lire pour comprendre la reconquête identitaire d’une jeune femme à l’aune de tels traumatismes et éclairer les failles du système scolaire.


Et si on se parlait - d’Andréa Bescond (illustré par Mathieu Tucker) 

Andréa Bescond a écrit et joué le spectacle « Les chatouilles ou la danse de la colère» depuis 2014. Il s’agissait d’un récit largement autobiographique au sujet de la construction d’une adulte ayant été victime de violences sexuelles étant petite fille.
Elle a voulu prolonger son combat contre les violences faites aux enfants avec trois livres qui leur sont destinés. Le principe narratif, qui fonctionne très bien, est celui d’enfants s’adressant à l’enfant qui lit (ce qui explique peut-être la regrettable utilisation du mot « malade » pour expliquer la pédocriminalité …). Y sont abordés les droits de l’enfant, les violences intrafamiliales, le harcèlement, le consentement, la pédocriminalité, l’homophobie, … pour ouvrir le dialogue entre petits et grands sur ses sujets et aussi pour proposer des ressources concrètes que l’enfant peut mobiliser pour se sortir d’une situation de violence.

Activités de Garance 

Tarifs et modalités d'inscription

Les midis de Garance - Conférences-débats en ligne 

Violences et genre, une introduction
Lundi 7 décembre 2020
de 12h à 13h30
via Zoom
La neutralité de genre dans la lutte contre les violences
Lundi 14 décembre 2020
de 12h à 13h30à 16h30
Via Zoom
La prévention primaire des violences- qu’est-ce qui marche ?
Lundi 21 décembre 2020
de 19 à 21h
Via Zoom

Formations pour filles 

Autodéfense pour filles de 10 à 12 ans, Bruxelles
Samedi 19 décembre 2020
9h30 à 16h30
Garance, 1000 Bruxelles
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