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Newsletter n° 96 – juin 2020

A la Une

« les femmes portent un autre regard sur le monde », Ans Brys. 

En avril dernier, Ans Brys, photographe anversoise de renom a contacté Garance pour lui proposer de faire partie des heureuses bénéficiaires d’une vente de photographies – pour un montant de 12 000 euros. Notre association est très honorée et remercie de tout cœur les initiatrices de cette magnifique action en soutien aux femmes fragilisées et victimes de violences durant le confinement.

Dans la série de 58 portraits, le Female gaze, des photographes belges et néerlandaises apportent un regard intime, subtil et extrêmement touchant. C’est une manière de se réapproprier cet art et de remettre à sa place le patriarcat, c’est-à-dire hors champ… de nuire. « La photographie existe depuis 200 ans et elle a été dominée par les hommes. Ce qui signifie que toute notre imagerie a été façonnée par des hommes. »

Merci à The Female Gaze pour cette formidable bouffée d’oxygène offerte en plein confinement !


Garance en brèves 

Nouveau programme d’activités de septembre à décembre 2020  

L’équipe de Garance est au taquet pour vous concocter le nouveau programme pour nos activités en Wallonie et à Bruxelles. Il sera fin prêt courant juillet et nous le mettrons à votre disposition sur le site internet et la page Facebook. Encore un peu de patience, donc.

Reprise de nos activités 

Garance a le plaisir d’annoncer la reprise de ses activités dans le respect des gestes barrières. Une première activité d’autodéfense verbale a eu lieu début juin. Nous attendons avec impatience la rentrée de septembre pour vous accueillir à nouveau. En cette période de déconfinement, nos bureaux sont ouverts pour les membres de l’équipe mais le télétravail reste privilégié. Contactez-nous par email avant toute visite, afin d’éviter les surprises.

Intégration du genre dans le dispositif des contrats de quartier

Pendant le confinement, nous avons poursuivi nos projets autant que possible malgré des circonstances très particulières. C’est ainsi que nous avons terminé la mission de consultance « genre » que la ville de Bruxelles nous avait confiée dans le cadre du contrat de quartier des Marolles. Ce travail mené en 2019 et 2020 fut une belle occasion de réfléchir à la façon dont le rapport de pouvoir inégal entre les hommes et les femmes se traduit dans l’espace public. Un vaste chantier dont cette mission est une des premières pierres !

Auditions parlementaires  

Garance a été conviée à s’exprimer lors de deux auditions parlementaires sur des thèmes plus actuels que jamais. La première a eu lieu le 29 juin sur le thème de la violence intrafamiliale, en particulier contre les femmes et les filles, à la Chambre des représentants de Belgique. La seconde, le 1er juillet au parlement francophone bruxellois, porte sur le thème du cyber-harcèlement au prisme du genre. Ces deux formes de violences ont malheureusement connu des flambées récentes dans le contexte du confinement, d’où leur présence dans les agendas parlementaires. Garance veille dans ses prises de parole à mettre en lumière une lecture féministe et intersectionnelle des phénomènes de violences et nous faisons feu de tout bois pour insister sur la nécessité de la prise en compte de la prévention primaire dans les politiques publiques. Plus d’infos ici :

C'est arrivé près (ou très loin) de chez vous 

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Nos mortes 

Fin juin, le blog Stop Féminicide compte au moins 12 femmes tuées en Belgique pour le fait d'être une femme. Si les données disponibles pour la Belgique sont trop peu nombreuses pour permettre une analyse plus approfondie, les collègues britanniques ont pu calculer que, comparé aux mêmes périodes des années passées, le nombre de féminicides a presque triplé pendant les premières trois semaines de confinement au Royaume-uni. Derrière ces statistiques se cachent des vies. Pour la Belgique, nous déplorons pour le seul mois de juin l'assassinat de Marie-Paule, Jessika et Myriam.

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Sarah Higazi, une activiste féministe Queer s’est éteinte

« À mes frères et sœurs, j’ai essayé de survivre et j’ai échoué, pardonnez-moi. À mes amis, l’expérience a été cruelle et je suis trop faible pour y résister, pardonnez-moi. Au monde, tu étais terriblement cruel, mais je pardonne », écrivait Sarah Higazi avant de mettre fin à ses jours, le 14 juin dernier. En 2017, lors d’un concert elle brandit un drapeau arc-en-ciel. Aussitôt, elle subit une vague de haine sur les réseaux sociaux. Les autorités égyptiennes l’arrêtent. Durant les trois mois de sa détention, elle sera torturée et aurait subi des violences sexuelles. Aussitôt libérée, elle demande et obtient l’asile au Canada où elle tentera de soigner sa dépression post-traumatique.

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La Convention d'Istanbul sous attaque

Nos lectrices·eurs attentives·fs se rappelleront que plusieurs gouvernements d’extrême droite bloquent la ratification de la Convention d'Istanbul, l'instrument phare du Conseil de l'Europe pour combattre les violences faites aux femmes. Non seulement dans leurs pays, mais aussi au niveau de l'Union européenne. Leur problème : lutter contre les violences ouvrirait la porte à « la théorie du genre » (qui n'existe pas) qui détruirait les familles et perturberait les enfants dans leur identité et sexualité. Ils reçoivent maintenant le soutien d'une « Coalition internationale de défense de la famille » consistant en organisations archi-conservatrices comme Ordo iuris en Pologne. Cette coalition a lancé un site web avec une pétition adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le texte comporte des mensonges (non, la Convention d'Istanbul n'oblige pas tous les niveaux politiques à adopter la théorie du genre, et non, la ratification de la convention par l'UE ne l'impose pas automatiquement à tous les états membres) mais cela n'a pas empêché plus de 33 000 personnes de la signer. Déjà en 2018, une lettre ouverte de plusieurs de ces associations avait été envoyée aux instances européennes, contrée aussitôt par une lettre signée par plusieurs centaines d'associations féministes, montrant l'appui large dans la population pour la lutte contre les violences faites aux femmes.

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Manifestation #BlackLivesMatter du 7 juin 2020

Les travailleuses et membres de Garance étaient présentes le dimanche 7 juin à la manifestation contre les racisme et les violences policières. En pleine pandémie, cette manifestation a fait couler beaucoup d’encre, occultant les raisons pour lesquelles plus de 10.000 personnes ont pris le risque de sortir de chez elles pour clamer que le virus le plus mortel, c’est le racisme. Bintou Touré, porte-parole des femmes sans papiers a tenu un discours poignant contre les violences policières et la situation dramatique des personnes condamnées à vivre dans la clandestinité : « La police qui est censée protéger, n’est jamais là lorsqu’on a besoin d’elle. Je ne veux pas vous donner ici les statistiques des femmes qui ont appelé la police au secours et à qui celle-ci n’a pas répondu, minimisant les réalités des femmes et surtout des femmes noires. En tant que femme sans-papiers quelque soit la situation, on ne se réfère pas à la police, au risque de se retrouver dans un centre fermé.  Les violences policières c’est l’expression pathétique du racisme dans les institutions.  Les violences policières c’est le visage des politiques en incapacité de trouver des réponses aux problèmes de la société. »

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Conférence interministérielle droits des femmes

Annoncé depuis décembre 2019, ce lieu de coordination entre les ministres et secrétaires d'état pour les droits des femmes et/ou l’égalité des chances n'a pas encore pu se réunir pour du vrai, à cause de la pandémie. Mais un groupe de travail des ministères et cabinets prépare la première réunion depuis des mois et a permis de mieux coordonner les efforts de contrer la recrudescence des violences conjugales pendant le confinement. Les associations féministes n'ont pas attendu non plus que la première réunion puisse avoir lieu, mais ont interpellé les ministres sur les lacunes dans les mesures d'urgence. Suite à quoi trois représentantes de la coalition associative ont été invitées à un échange avec le groupe de travail. Leur message clé était qu'il ne fallait pas se limiter à des mesures d'urgence, mais rendre pérenne des mesures qui ont fait leurs preuves pendant le confinement. S'il reste difficile de prendre des décisions en absence d'une « vraie » conférence interministérielle, la balle est dans le camp des ministres qui doivent présenter leurs plans d'action prochainement.

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Les femmes, le handicap, le virus

Les femmes en situation de handicap sont disproportionnellement touchées par la crise du covid. Isolées dans les institutions ou à la maison, sans l'assistance personnelle qui leur permet de gérer leur quotidien, oubliées dans les mesures contre les violences faites aux femmes qui ont augmenté pendant le confinement ou dans les règles de déconfinement... elles se voient confrontées à de nombreux obstacles pour accéder à leurs droits. Le Forum européen du handicap a organisé plusieurs webinaires (en anglais) depuis le début de la pandémie, sur les femmes en situation de handicap, notamment sur la situation des femmes en situation de handicap de par le monde, sur l'emploi des femmes en situation de handicap pendant la pandémie, ou encore l'invisibilité et l'exclusion des femmes en situation de handicap dans les organisations féministes et féminines et comment la surmonter. Un webinaire sur les violences faites aux femmes en situation de handicap pendant la pandémie est prévu pour novembre – nous vous tiendrons au courant !

On a lu, vu, écouté pour vous...  

Petit manuel antiraciste et féministe, Djamila Ribeiro 

On a lu le dernier essai de la philosophe et féministe brésilienne Djamila Ribeiro, une vraie référence du mouvement féministe noir. Avec une préface de Françoise Vergès, Djamila Ribeiro y aborde le racisme dans le milieu professionnel et culturel, puis parle de négritude, de blanchité, de désirs et affects. Le format est très pratique : en dix chapitres courts, elle avance des pistes de réflexion pour reconnaître les discriminations, prendre conscience de certains privilèges, adopter des pratiques antiracistes et féministes et, ainsi, assumer la responsabilité de faire bouger les choses. A lire de toute urgence en ce moment !

Evénements à ne pas louper !  

Manifestation #HijabisFightBackProtest 

Le 4 juin, l’arrêt de la Cour constitutionnelle donnait raison à la Haute école Francisco Ferrer de la ville de Bruxelles concernant le port de signes convictionnels. Il ne fait pas bon d’être femme en Belgique, surtout femme musulmane car c’est bien d’une discrimination qu’il s’agit ici : désormais, si elles « choisissent » (quel choix ?) de garder leur foulard, elles ne pourront pas suivre les cours. Cette décision contrevient à l’article 10 de la Convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes que la Belgique a pourtant ratifié. En réaction à cette décision, une manifestation a lieu le 5 juillet à 15 heures à la Place Poelaert. Garance y sera en soutien et espère vous y voir nombreuses et nombreux.

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