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Newsletter n° 95 – avril 2020

A la Une

Prévention des violences en temps de crise

Le lendemain de la manifestation du 8 mars (cela paraît déjà si loin), l'équipe de Garance a participé à la grève des femmes. Nous avons posé un acte de désobéissance civile en sifflant dans la rue pour faire entendre nos voix et par la même occasion nos revendications féministes. Ensuite, nous avons rejoint des actions de solidarité qui avaient lieu ce jour-là.
Et puis… tout a basculé en un rien de temps : le gouvernement aux pouvoirs spéciaux « Covid-19 » a décidé de nous confiner chez nous pour notre sécurité à tou.t.e.s. Garance, avec d’autres associations féministes, a lancé immédiatement le signal d’alerte : ce confinement imposé pour une période indéterminée constitue un risque d’augmentation des violences conjugales et intra-familiales que l’état ne devra pas négliger.
Le Conseil national de sécurité a annoncé un plan de déconfinement, rien de rassurant à l'horizon concernant la lutte contre les violences faites aux femmes. Face à la crise, nous avons besoins de plus de moyens que le renforcement de lignes d'écoutes. Voici trois contributions pour soutenir une véritable prévention des violences tant dans nos vies quotidiennes qu'à l'échelle de la société. Découvrez, soutenez, partagez !


Garance en brèves 

Garance continue à fonctionner  

Toute l’équipe de Garance s’est réorganisée depuis le 16 mars. Nos bureaux sont fermés mais nous privilégions le télétravail autant que possible. Les activités de formations, les entraînements sont annulés et les réunions sont suspendues jusqu’au 31 mai (selon les mesures d’application décrétées par le centre de crise fédéral). Même si nous fonctionnons au ralenti, les membres de l’équipe continuent à travailler sur les projets en cours et à venir et nous apprenons à manier les outils de téléconférence. Car, disons-le : rien n’est plus précieux que les contacts humains avec ses collègues. Dans ces moments incertains, il reste essentiel de garder cette précieuse cohésion d’équipe.

Une nouvelle directrice chez Garance

Début mars, nous avons accueilli notre nouvelle directrice Laura Bertora. Laura vient de l'Observatoire du Sida et des sexualités et apporte une vaste expérience en termes de gestion financière et administrative. Avec son arrivée, ce sont de nouveaux défis qui attendent Garance dans les prochains mois et que nous vous partagerons très bientôt. Même si les conditions ne sont pas les plus faciles en ce moment pour apprendre à connaître une nouvelle équipe et toute une association, nous lui souhaitons la bienvenue - le meilleur reste à venir !

Autodéfense en contexte gynécologique

Garance a collaboré avec sept associations partenaires sur la rédaction et l’édition d’un nouveau guide d’autodéfense féministe dénonçant les violences gynécologiques et obstétricales et intitulé Zones à défendre. Nombre d’entre nous ont vécu des situations de non-respect des choix que nous posons et une violation de notre intégrité. Ce guide dénonce toutes les violences que subissent les femmes, homme trans et personnes intersexes, parce qu’intangiblement le pouvoir médical s’assoit sur sa toute-puissance, sans se remettre en question… L’objectif de ce guide est de dénoncer ces attitudes et ces gestes imposés par la force. Bonne lecture !

C'est arrivé près (ou très loin) de chez vous 

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Nos mortes

Depuis le début du confinement, au moins quatre femmes ont été tuées pour le seul fait d'être des femmes, nous informe le blog Stop Féminicide. Naomi, Anja, Katja et Cynthia n'ont pas survécu à la violence de leurs (ex-)partenaires. En total, huit féminicides ont eu lieu en 2020, et nous remarquons une accélération en temps de crise sanitaire. Ces morts ne sont pas de drames familiales, comme veut nous faire croire la presse, mais la pointe de l'iceberg des violences faites aux femmes.

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Pas de crise pour les anti-choix polonais.es

La Pologne est un des pays européens les plus restrictifs en matière de droit à l’avortement. Il n’est autorisé qu’en cas de viol ou d’inceste, lorsque l'embryon souffre d’une malformation sévère ou d’une maladie incurable mettant sa vie en danger, ou lorsque la vie ou la santé de la femme ou de la jeune fille est en danger. En pleine crise sanitaire, le Parlement polonais est en passe de durcir encore plus ces conditions déjà drastiques et d'interdire l'avortement en cas de malformation de l'embryon, sous prétexte de sauvegarder les droits des personnes en situation de handicap. Que ceux-ci ne sont vraiment pas une priorité du gouvernement polonais et ne servent que d'excuse pour entraver encore les droits des femmes devient clair en lisant les conclusions du Comité sur les droits des personnes handicapées de l'ONU. Heureusement, une mobilisation massive et créative des femmes polonaises a empêché l'adoption de cette loi dans un premier temps, mais restons vigilantes!

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Femmes en situation de handicap et crise sanitaire

La crise sanitaire fait oublier les besoins spécifiques des femmes en situation de handicap qui cumulent les discriminations dans un système sexiste et validiste. 80% des handicaps sont invisibles, alors que dire des femmes avec des handicaps invisibles ? Leur double invisibilisation dans l’espace public, dans les politiques et aujourd’hui en pleine crise sanitaire doivent alerter. Et cela en général, et encore plus dans la lutte contre les violences. Elles y sont plus souvent confrontées que les femmes valides et plus isolées en temps de confinement, mais elles restent les grandes oubliées des politiques publiques: formats inadaptés des informations et campagnes de sensibilisation, manque d'interprétariat pour accéder les services d'aide, inaccessibilité physique des locaux des services d'aide... Ces barrières existent en temps normal aussi, mais en période de crise, elles peuvent devenir infranchissables.

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Que nous apprend la CIM?

Deux Conférences Interministérielles (CIM) sur les droits des femmes ont déjà eu lieu (2 et 17 avril) dont les objectifs principaux sont de lutter plus efficacement contre les violences pendant le confinement. Voici un extrait de la carte blanche adressée par Garance et d’autres associations féministes adressé aux Ministres de la CIM : "Le confinement met en lumière les graves manquements des pouvoirs publics dans la lutte contre les violences faites aux femmes, manquements que les associations et services de terrain soulignent depuis très longtemps et qui sont synthétisés dans le rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention d'Istanbul déposé par la société civile l'année dernière. Tout comme ce que nous sommes en train de vivre dans le secteur de la santé, largement sous-financé depuis des années, la gravité de la situation saute aux yeux avec ce contexte exceptionnel de crise. Nous insistons donc pour que des leçons soient tirées de ce que nous vivons aujourd'hui et plaidons pour que les mesures d'urgence citées ci-dessus se poursuivent au-delà de la période confinement en s'intégrant à une véritable politique globale, cohérente et coordonnée de lutte contre les violences faites aux femmes, financée en conséquence."

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Loi sur le Revenge Porn adoptée à l’unanimité

Le 16 avril, la Chambre a adopté à l’unanimité une proposition de loi qui sanctionne le « revenge porn » qui est la diffusion dans le but de se venger de contenus sexuellement explicites sans le consentement de la personne qui apparaît. C’est une excellente nouvelle dans ce confinement qui voit apparaître une explosion d’images et de vidéos qui filent sur la toile sans accord explicite.

On a lu, vu, écouté pour vous...  

On a co-écrit et signé... 

Dans ce temps de crise sanitaire, c'est aussi l'égalité de genre qui est menacée de tous les côtés. Des cartes blanches et lettres ouvertes se multiplient pour dénoncer les effets inégalitaires de la crise du covid-19 et de sa gestion. Nous vous avons déjà parlé des textes spécifiques sur les violences, mais nous avons aussi co-signé d'autres textes demandant plus d'égalité:

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