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Newsletter n° 89 – septembre 2019

A la Une 

Garance goes Europe 

Depuis fin juillet, c'est officiel : Garance coordonne un projet européen pour rendre l'autodéfense féministe plus accessible pour les femmes qui vivent avec différents types de handicap. Le projet NO MEANS NO réunit sept organisations partenaires dans quatre pays et fonctionnera pendant deux ans à partir de janvier 2020 avec un budget global de plus de EUR 700 000. Ce sont des chiffres impressionnants (en tout cas pour nous), mais plus important en core est la signification de ce projet.

Depuis longtemps, nous savons qu'un projet comme NO MEANS NO est nécessaire, car les femmes qui vivent avec un handicap sont beaucoup plus souvent confrontées à des violences que les femmes valides ou les hommes en situation de handicap. En plus, organiser des formations d'autodéfense pour elles est plus coûteux - il est évident que ces surcoûts ne peuvent pas être pris en charge par les participantes, et nos propres moyens ne suffisaient pas pour garantir une bonne accessibilité. Notre seule chance pour développer ce travail à plus grande échelle était un financement européen. Découvrez nos plans pour 2020/21, en Belgique et ailleurs.

Garance en brèves 

Garance cherche collaboratrice.eur de communication 

Si vous voulez prendre en charge cette newsletter et nos autres outils de communication, si le féminisme, les violences basées sur le genre et l'intersectionnalité vous tiennent à coeur, si des CMS, RGPD et réseaux sociaux non plus aucun secret pour vous... vous êtes peut-être notre prochain.e collègue ! Consultez l'offre d'emploi pour voir si ce poste peut vous convenir.

Le Fonds Héloïse soutient Garance 

Grâce au financement du Fonds Héloïse, géré par la Fondation Roi Baudouin, Garance va pouvoir continuer deux de ses projets. Le projet Mérida a permis de mettre un coup de neuf sur ses programmes d’autodéfense et créer de nouveaux outils d’animation en direction des filles à partir de 8 ans. Maintenant il s'agit de faire en sorte que l'autodéfense féministe pour filles et adolescentes puisse bel et bien s’enraciner : de nouveaux partenariats avec de nouvelles structures de jeunesse sont déjà en cours et une nouvelle formation spécialisante pour formatrices d'autodéfense est programmée. De l'autre côté du continuum d'âge, le Fonds Héloïse insuffle une nouvelle dynamique dans le projet Femmes 55+, actrices de leur sécurité où nous développerons un nouveau réseautage pour proposer des groupes de réflexion et des formations en autoprotection aux femmes de 55 ans ou plus.

En mémoire de Paula Driessens 

C'est en recevant un legs généreux de Mme Paula Driessens que nous avons appris avec tristesse son décès. Mme Driessens a travaillé comme secrétaire de direction au Ministère de l'Agriculture et à la Sabena avant de s'occuper à temps plein de sa famille. Elle a très probablement pris connaissance de Garance par notre projet Femmes 55+, actrices de leur sécurité, et c'est dans ce projet que nous pensons investir le legs. Mme Driessens a survécu à son mari François Gettemans de quelques mois seulement et s'est éteinte à l'hôpital après une longue maladie. Elle laisse derrière elle un fils et deux petites-filles.

Garance renouvelle ses valeurs 

L'Assemblée générale du 13 juin a adopté un changement de nos statuts concernant les missions et valeurs de Garance. C'était une actualisation bien nécessaire, car le dernier processus de réflexion sur ce sujet datait de 2008. Les nouvelles valeurs sont l'empouvoirment, l'inclusivité, la solidarité et la participation, et Garance vise un monde où chaque personne peut vivre en sécurité (sans violence ni discrimination) et réaliser tout son potentiel.

Garance dans les médias 

Le sujet des violences envers les femmes lors des festivals a été fort présent dans les médias durant ces mois d'été. Irène Kaufer été interviewée à ce propos pour Matin Première, suite à sa carte blanche Viol, le seul responsable, c'est l'agresseur pour les Grenades. Un stage d'autodéfense donné par Garance à la FGTB de Namur pour l'asbl AFICO a donné lieu a l'article Autodéfense féministe, un stage pour se redonner les armes dans le magazine « Syndicats » témoignant de la prise en compte croissante du sujet des violences basées sur le genre dans les structures de défense des travailleurs.ses.

C'est arrivé près (ou très loin) de chez vous 

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Féminicides - Nos mortes

Depuis le début de l'année, au moins 18 femmes ont été assassinées en Belgique. La rentrée était particulièrement sanglante avec trois femmes tuées par leurs (ex-)partenaires dans l'espace de huit jours. Le blog Stop féminicide n’oublie pas ces victimes et montre, en absence de chiffres officiels, l'étendue de la violence faites aux femmes.

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Rapport accablant de l’ONU : féminicides en hausse

Cet été est sorti le dernier rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime. Il y paraît qu'en 2017 près de 87 000 femmes dans le monde ont été tuées volontairement, dont 50 000 par un membre de leur famille. Le féminicide était aussi au centre de l'intérêt médiatique cet été, avec des nombreux rappels des chiffres belges (voir ci-dessus). En France, c'est le nombre symbolique de 100 féminicides qui a fini par mobiliser le gouvernement. Le Grenelle contre les violences conjugales s’est ouvert le 3/9/19 (pour rappeler le numéro d’écoute Violences Femmes Info, le 3919), il se terminera le 25 novembre, Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Haut en symboles, bas en moyens. Aucune mesure d’urgence tant en places d’hébergement qu’en mesures concrètes de prévention des violences ne verra le jour avant 2020, voire 2021. Nous faisons retentir l’écho de la sonnette d’alarme tirée par Eva Darlan, artiste française, lors d'un hommage aux victimes à la marie de Paris : « Agissez maintenant ! Vite !! On meurt ! »

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Si l’une de nous tombe… solidarité féministe en Roumanie

If One Falls, We all Fall est un mouvement de protestation qui s’est déployé fin juillet en Roumanie. Il a pris forme suite à l’assassinat de deux adolescentes, Luiza Melencu et Alexandra Măceşanu. Dans un contexte de corruption institutionnelle, les militantes dénoncent le silence des politiques et l’inaction de la police face aux agressions sexistes. Le ministre de l'Intérieur a du démissionner. En Roumanie, une femme sur quatre subit de la violence physique ou sexuelle de la part de son conjoint, et seulement 4% des cas sont portés en justice. Les manifestations du 28 juillet s’inscrivent dans la lutte féministe intersectionnelle se référant aux mouvements sudaméricains. Inclusif et autogéré, ce mouvement de protestation appelle à la solidarité internationale.

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Pendant ce temps-là en Russie...

La Cour européenne des doits humains a rendu en juillet dernier le premier verdict sur un cas de violence domestique en Russie. Il s'agit de l'affaire Volodina, une femme harcelée par un ex-partenaire. La Cour pointe l'inaction des institutions, notamment de la police qui a refusé à plusieurs reprises de mettre en place des mesures de protection et même d'investiguer. Cette inaction est dénoncée comme le résultat d'un échec systémique des autorités en ce qui concerne les violences domestiques. On s'en souvient : En 2017, la Russie avait dépénalisé les violences familiales au nom de la protection des « valeurs traditionnelles ». En Russie, une femme sur trois est battue par son mari ou partenaire, et une femme est tuée toutes les 45 minutes. Depuis, deux affaires ont particulièrement choqué l'opinion publique : En décembre 2017, le mari de Margarita Gratcheva lui a tranché les mains à la hache après l'avoir torturée. Un mois avant, elle avait déposé plainte pour menaces, plainte qui avait été ignorée par la police. En 2018, les trois soeurs Khachaturyan ont tué leur père après des années de viols et de tortures. Accusées de meurtre, leur procès fait scandale. Face à cette situation, la mobilisation se met en place : une pétition signée par plus de 650.000 personnes réclame une loi contre les violences domestiques.

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Pendant ce temps-là en Afrique du Sud... 

Début septembre, des milliers de femmes sud-africaines ont pris la rue à Cape Town après un mois d'août marqué par la médiatisation des meurtres de six femmes, dont la championne nationale de boxe, et une fillette de six ans. Portant des chaînes pour symboliser l'impact de la violence sur l'émancipation des femmes, les manifestant.e.s ont dénoncé l'inactivité du gouvernement face aux violences de plus en plus brutales et nombreuses contre les femmes, enfants et personnes LGBT+. Le président Cyril Ramaphosa s'est adressé aux manifestant.e.s pour promettre des mesures d'urgence. Deux semaines plus tard, il a présenté un plan qui libère USD 75 millions pour lutter contre les violences par le biais d'un renforcement de la poursuite judiciaire, mais aussi des services de soutien aux victimes et de la prévention.

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... et ce 24 novembre à Bruxelles ! 

Plus de 5000 personnes avaient marché dans les rue de Bruxelles le 25 novembre 2018 pour exiger la fin des violences faites aux femmes à l’appel de Mirabal Belgium, la plateforme organisatrice co-fondée par Garance asbl il y a trois ans. Cette année, la manifestation aura lieu le 24 novembre. Soyons plus nombreux.ses encore !

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L'OIT contre le harcèlement au travail 

L'Organisation internationale du travail, qui réunit gouvernements, employeurs et syndicats u niveau mondial, a adopté fin juin une convention et des recommandations pour lutter contre la violence et le harcèlement au travail. C'est le premier traité international sur ce sujet, et le processus, débuté en 2015, a connu une accélération suite au mouvement #Metoo. La convention définit la violence et le harcèlement au travail comme une violation des droits fondamentaux et un obstacle à l'égalité des chances et reconnaît que ces fléaux touchent de manière disproportionnelle les femmes. Elle appelle les gouvernements à établir un climat de zéro tolérance, à utiliser une approche inclusive, intégrée et sensible au genre et, entre autres, à établir des programmes de prévention des violences et du harcèlement avec des objectifs mesurables. Il faut la ratification par deux états pour que la convention entre en force. Quid d'une ratification par la Belgique ?

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Résistance LGBT+ à Anvers 

En août a eu lieu une Pride à Anvers. En amont, la ville d'Anvers a couvert l'espace public des couleurs arc-en-ciel, avec le slogan « A Anvers, tout le monde peut briller ». Pour Queers Against Pinkwashing, cette campagne sous l'égide du bourgmestre Bart De Wever (N.VA) fait preuve d’hypocrisie : d'un côté, De Wever mène des politiques anti-sociales qui exclut une partie de la population, et de l'autre côté, il veut se donner une image tolérante et progressive. C'est pourquoi les activistes ont posé des autocollants sur les affiches, demandant si on peut aussi briller à Anvers quand on s'appelle Mohammed ou quand on porte le voile derrière un guichet de la ville. Pour rappel, la ville a interdit à ses employé.e.s de guichet non seulement le port du voile, mais aussi d'autres signes identitaires... y compris les couleurs arc-en-ciel. Queers Against Pinkwashing a aussi critiqué le point de départ de la Antwerp Pride qui stigmatise le quartier Noord comme problématique. Par ailleurs, les seules dirigeants de parti flamand brillant par leur absence à la Antwerp Pride étaient De Wever et Van Grieken du Vlaams Belang.

La science dit  

Les filles anorexiques cibles d'abus sexuels 

Une enquête exploratoire aux Pays-bas démontre que les troubles alimentaires chez les filles augmentent leur vulnérabilité à la violence sexuelle. Vulnérabilité que certains hommes exploitent sans remords. Leur procédé : sur internet, ils se présentent comme coach d'amaigrissement demandant des photos en petite tenue, voire nues, et proposent des rencontres. Dans les échanges avec les filles, ils utilisent la manipulation et font pression. Les chercheur.e.s ont créé des faux profils de filles de 14 à 15 ans avec des troubles alimentaires et, dans l'espace de quelques semaines, 45 « coachs » les ont contactées. Une enquête parallèle auprès de filles avec des troubles alimentaires a confirmé ces résultats inquiétants : presque toutes ont été contactées, et une sur cinq s'est vue confrontée à la proposition d'un échange de conseils d'amaigrissement contre des rapports sexuels. Le rapport final de cette recherche est attendu pour l'automne.

On a lu, vu, écouté pour vous...  

Sans frapper : coup de projecteur sur les violences sexuelles 

Le 18 septembre est sortie en salle le documentaire Sans frapper d’Alexe Poukine, sur la douloureuse question des violences sexuelles. À travers le récit d’une tranche de vie d’Ada, la réalisatrice nous convie à un tête-à-tête avec des femmes survivantes d’agressions sexuelles. En racontant celui d’Ada, elles se replongent dans leurs propres vécus de violence, se reconnaissent dans son histoire et la complètent, soulignent les mécanismes de domination patriarcale. Et la suite : comment se reconstruire, comment continuer de vivre et d’aimer après ça ? Ce film déconstruit en toute simplicité les clichés sur les agressions sexuelles et laisse place à la fragilité, mais aussi à la force dont ces femmes font preuve au quotidien. La mise en abime de l’histoire d’Ada permet de rendre collectif un témoignage individuel. Il crée du lien entre chaque vécu et tisse un maillage de solidarité de petits gestes, de petites phrases. Seule petite réserve : à un moment du film, le récit d’Ada est confié à un homme cisgenre agresseur. Ce passage crée une rupture dans l’harmonie des témoignages et ajoute plus d’incompréhension et de colère que de clarté sur les causes des violences. Nous vous conseillons sans réserve ce film, mais prévoyez une activité réconfortante et apaisante à la sortie du visionnage. Par sa thématique et sa justesse, il est éprouvant à bien des égards.

Les morsures de Médor  

Dans son dernier numéro, l'excellent trimestriel Médor consacre une enquête au sexisme en milieu journalistique. Remarques déplacées, plaisanteries dénigrantes, réduction à de seconds rôles, réflexes paternalistes ou même, dans certains cas, des menaces explicites contre celles qui ont osé dénoncer (« Je vais te détruire », « Tu es morte »...) On comprend que beaucoup hésitent à témoigner et surtout à « balancer » leur harceleur, surtout quand il est un homme de pouvoir tandis qu'elles sont dans une situation précaire, ce qui est courant dans la profession. Aussi trouvera-t-on peu de noms, même si dans le métier et même au-delà, on sait parfaitement de qui il est question. Article un peu frustrant donc mais qui décortique ces mécanismes qui expliquent en partie pourquoi en Belgique, seulement un tiers des journalistes sont des femmes. A noter dans le même numéro, une immersion glaçante à Ninove, « Bienvenue à facholand ».

Activités de Garance 

Tarifs et modalités d'inscription

A Bruxelles 

Le harcèlement sexiste au travail
10 et 17 octobre 2019
de 9h30 à 16h30
Garance ASBL, 1000
Autodéfense pour filles de 12 à 14 ans
Samedi 12 octobre 2019
de 9h30 à 16h30
Garance ASBL, 1000
Entraînement : Libération de prises et d’étranglements
Lundi 14 octobre 2019
de 19 à 21h
Garance ASBL, 1000
Formation d’animatrices.teurs Enfants CAPables
les 16, 17, 18, 21 et 22 octobre 2019
de 9h30 à 16h30
Garance ASBL, 1000
Prévention des violences dans le contexte professionnel
15, 22 et 29 novembre 2019
de 9h30 à 16h30
Garance ASBL, 1000

En Wallonie 

Autodéfense pour femmes
Dimanches 6 et 13 octobre 2019
de 9h30 à 16h30
MJ Chez Zelle, Louvain-la-Neuve
Autodéfense pour filles de 10 à 12 ans
Samedi 19 octobre 2019
de 10h à 17h
MJ Chez Zelle, Louvain-la-Neuve
Autodéfense pour filles de 14 à 16 ans
Dimanche 20 octobre 2019
de 9h30 à 16h30
MJ Chez Zelle, Louvain-la-Neuve
Autodéfense pour femmes
Samedi 9 et dimanche 10 novembre 2019
de 10 à 17h
Centre Aurore Carlier, 7500 Tournai
Autodéfense pour femmes
Samedi 9 et dimanche 10 novembre 2019
de 10 à 17h
ASBL Cinex, 5000 Namur
Voir l'agenda
complet

Activités du CVFE, Liège 

Autodéfense pour femmes
Dimanches 6 et 13 octobre 2019
A partir de 9h
CVFE, Liège
Ateliers de discussion sur la sécurité pour femmes migrantes et racisées
28/10, 18/11 et 16/12
de 9h15 à 12h15
Inscriptions et infos
Autodéfense pour femmes
Samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019
A partir de 9h
CVFE, Liège

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