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Newsletter n° 87 – mai 2019

A la Une  

Appel aux témoignages « Echappez belle chez le/la médecin! » 

Garance fait partie d'un partenariat qui regroupe Femmes et santé, Bruxelles laïque, la Plateforme pour une naissance respectée, Femmes et droits, droits des femmes et le Gacehpa pour créer une brochure d'autodéfense féministe pour lutter contre les violences obstétricales. Les gestes non-consentis, le non-respect, les jugements du personnel soignant - ceci et bien plus sera à l'ordre de jour. Mais surtout : comment y faire face, comment faire respecter nos droits, nos choix, nos corps ? Nous avons déjà pu récolter beaucoup de témoignages sur ce genre de situations. Mais nous avons aussi besoin d'exemples positifs, d'histoires de réussite. C'est pourquoi nous lançons l'appel : Envoyez-nous des témoignages qui expliquent comment vous avez réagi pour éviter qu'on enfreigne vos droits reproductifs et sexuels ! La résistance aux violences obstétricales a beaucoup de formes, et nous voulons les connaître toutes. Si vous êtes contente avec votre réaction, pour nous, c'est une bonne réaction. Envoyez vos histoires, trucs et astuces, sous votre prénom ou anonymisés, avant le 15 juillet au secrétariat de Garance , et bien sûr, dans une future newsletter, nous vous dirons comment vous procurez le guide d'autodéfense qui en résultera.

Garance en brèves  

Sur la lesbophobie 

Chaque année, SOS Homophobie publie un rapport sur les violences et lesdiscriminations qui visent les personnes LGBT+ en France. Le rapport 2019 vient de sortir et marque une nouvelle augmentation du nombre de témoignages. Au sein de l'association, des activistes lesbiennes s'attèlent à rendre visible les violences qui touchent spécifiquement les lesbiennes. Et elles ont fait appel à Garance pour compléter leur travail avec notre analyse.

La prévention des violences en débat 

Le meurtre de Julie Van Espen a soulevé une indignation à la hauteur de la gravité des faits (pour une fois). Ni la police ni les organisatrices ne s'attendaient à voir autant de monde à Anvers, entre 15 et 20 000 personnes pour une marche silencieuse le 12 mai dernier. Que ce soit la carte blanche de trois associations féministes flamandes, les organisatrices de la marche ou encore une carte blanche signée par 36 associations féministes flamandes et francophones (y compris Garance), la demande du mouvement des femmes est claire: une vraie prévention au lieu d'un discours sécuritaire. Pour taper sur le clou de la prévention primaire, Garance a été interviewée par la RTBF et Bel RTL. Un message qui va à l'encontre du débat politique actuel, hormis les prises de position féministes. La façon dont ce débat est mené reste problématique, selon une notre analyse.

C'est arrivé près (ou très loin) de chez vous  

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Féminicides - Nos mortes

Depuis notre newsletter du mois d’avril, 3 femmes de plus ont été assassinées en Belgique, portant à 11 le nombre de féminicides repris dans la presse depuis le début de l’année. Tout le monde connaît le nom de la dernière d’entre elles. Le blog Stop féminicide n’oublie pas les « autres », dont le meurtre ne provoque manifestement pas le même émoi.

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Brûlée vive après avoir porté plainte

Au Bangladesh, une étudiante de 19 ans est morte à l’hôpital quelques jours après avoir été brulée vive par des camarades de classe sur ordre, selon l’un d’entre eux, d’un professeur de la jeune femme. Celle-ci avait accusé le professeur de harcèlement sexuel en mars dernier mais n’avait pas été prise au sérieux par les autorités. De son lit d’hôpital, Nusrat Jahan Rafi a enregistré une vidéo où elle réaffirmait avoir été agressée par son professeur et qu’elle se battrait contre ce crime jusqu’à son dernier souffle. La première ministre du pays, devant l’émotion et les manifestations suscitées par ce meurtre a annoncé qu’aucun coupable n’échapperait à l’action légale. Human Rights Watch rappelle cependant que les autorités du Bangladesh font, en général, peu de cas des agressions sexuelles et des viols.

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Union européenne : peut mieux faire

Tandis que dans d'autres pays membres de l'UE, la lutte électorale bat de son plein pour les élections « fatidiques », en Belgique, les campagnes pour les élections fédérales, régionales et communautaires éclipsent les européennes. Or, ces élections ont de l'importance au-delà du Brexit et de climat. L'EIGE, l'institut européen pour l'égalité de genre, vient de publier un rapport sur l'impact des fonds structurels et d'investissement qui doivent améliorer l'économie dans des régions moins développées et réduire les inégalités. On y apprend que seulement 1% des financements européens servent à promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes (et seulement une fraction de cela sert à la lutte contre les violences), tendance à la baisse. La politique du gender maintreaming, qui vise à intégrer l'égalité de genre de manière transversale dans tous les domaines politiques, a clairement échoué. Une raison de plus d'aller voter et de choisir des candidat.e.s qui défendent l'égalité en paroles ET en actes.

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Etats-Unis : Tir groupé contre le droit à l'avortement

Aux Etats-Unis, avec l'administration Trump et l'intense lobbying des églises évangéliques, qui partout dans le monde progressent de manière inquiétante, le droit à l'avortement recule drastiquement. Plus de la moitié des États américains ont mis en place depuis le 1er janvier des règles limitant l'accès à l'avortement. Le cas de l'Alabama l'illustre exemplairement, car l'avortement y est redevenu un crime, pas d’exception en cas de viol ni en cas d’inceste. D'autres états ne sont pas en reste. Le gouverneur de Géorgie a ainsi promulgué le 7 mai dernier une loi, assortie de sanctions de prison à vie et peine de mort en cas de recours illégal à l’IVG, qui interdit aux femmes d’avorter dès que « les battements de cœur du fœtus peuvent être détectés », après environ 6 semaines de grossesse. Et le Missouri ce 17 mai. Il s’agit d’une manœuvre groupée dont le but est la révision par la Cour suprême, désormais acquise aux conservateurs, de l'arrêt emblématique de Roe vs Wade, qui a légalisé en 1973 le droit à l'avortement aux Etats Unis. Cette offensive se traduit aussi au niveau international : Le 24 avril dernier devait être voté à L'Onu une résolution, présentée par l'Allemagne, sur le viol comme arme de guerre. Les Etats unis ont menacé de veto pour que les mots « santé sexuelle et reproductive » en soit retiré, pour ne pas favoriser une politique pro-avortement. La loi a donc finalement été votée mais vidée de sa substance. Les réactions et les appels à la résistance ne se sont pas fait attendre : #youknowme, grève du sexe, ...

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Une loi contre le revenge porn 

L’Italie va criminaliser les auteurs de revenge porn (le partage de photos ou de vidéos sexuellement explicites sans le consentement des personnes concernées). En 2015, le suicide de Tiziana Cantone suite à la diffusion d’une vidéo par un ex-petit ami, qui avait été reprise à l’échelle nationale (vente de t-shirts, extrait dans un clip d’un chanteur italien), avait lancé les débats sur l’impunité des auteurs et des plateformes de diffusion d’images. Le débat est revenu au centre de l’actualité au parlement italien après la diffusion d’images concernant une parlementaire italienne. Ce délit entrera dans le cadre d’une loi plus générale (le Code Rouge) qui vise à protéger les femmes victimes de violences. Les sanctions pour le délit de revenge porn seront d’autant plus sévères que l’auteur et la victime ont eu ou sont encore dans une relation de couple et que la victime est dans une situation vulnérable, mineure ou enceinte. Les peines pouvant aller jusqu’à 15000 euros d’amende et six ans de prisons. La loi prévoit des sanctions similaires pour participation à la diffusion.

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Au Japon, le mouvement #wetoo émerge 

Shiori Ito a été violée par un journaliste haut placé d'une chaine nationale juste avant le début de #metoo. Cette vague de témoignages et l'écoute que les femmes recevaient l'a encouragée à témoigner de son expérience pour faire changer les mentalités sur les agressions sexuelles au Japon. Pour cela, elle a écrit un livre, La boite noire, où elle raconte son histoire. Depuis sa publication, elle organise des conférences de presse pour se faire entendre. Mais cela ne plaît pas à tout le monde, et elle subit une énorme pression. Tellement qu'elle a du déménager à Londres, où elle continue sur sa lancée d'ouvrir les oreilles et les mentalités. Un courage inspirant!

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Sensibilisation prénuptiale contre les féminicides 

Au Pérou, le Ministère de « la » femme et des populations vulnérables a proposé d’imposer des conférences obligatoires sur les mécanismes de violence conjugale à tous les couples qui veulent se marier. Cette mesure a été proposée suite au nombre croissant de féminicides dans le pays. Cela permettrait non seulement aux femmes de reconnaître plus facilement et rapidement des situations de violences mais aussi plus particulièrement aux hommes de conscientiser leurs actes. Ces conférences insisteraient apparemment davantage sur les conséquences juridiques qu’humaines.

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Contre l'instrumentalisation raciste de la police 

Aux Etats-unis, il arrive si souvent que des « citoyen.ne.s inquièt.e.s » racistes appellent la police contre des personnes racisées qui ne font que vaquer à leurs occupations, qu'un hashtag, #LivingWhileBlack, réunit ces témoignages. Des exemples d'appels abusifs incluent des plaintes pour des personnes racisées qui « font du golf trop lentement », déménagent, font leurs courses, mangent leur casse-croûte, aident un sans-abri, travaillent dans toute sorte de professions... Ces appels témoignent de l'exclusion raciste de ces personnes de l'espace public où leur seule présence est considérées comme étrangère et dérangeante. Pour lutter contre ce fléau, la ville de Grand Rapids au Michigan vient de passer une ordonnance qui pénalise tout appel abusif des services d'urgence pour motif raciste par une amende de 500 dollars.

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Le coût de la violence... pour les auteurs 

Woody Allen, accusé par sa fille Dylan Farrow d'abus sexuel, commence à sentir l'impact qu'un tel acte peut avoir sur l'auteur de la violence. Habitué au traitement de célébrité, il voit de plus en plus souvent des portes qui se ferment devant son nez. Après des acteurs.trices qui regrettent publiquement avoir travailler avec lui et Amazon qui annule un projet de distribution massive de ses films, c'est le tour des maisons d'édition. Un projet d'autobiographie a été refusé par les quatre maisons d'édition à qui il l'avait proposé, car Allen est désormais considéré comme trop controversé et représente donc un risque économique. Qu'il continue à prendre des positions problématiques, regrettant par exemple que la vie de Harvey Weinstein a été bouleversée par #metoo, n'arrange pas les choses...

La science dit  

La prison n'a aucun impact positif sur les violences  

Dans le débat actuel sur les conclusions à tirer du meurtre de Julie Van Espen, l'appel à des peines de prison plus longues et une fin à la libération anticipée des auteurs de violence est prédominant. Mais ce n'est pas uniquement l'exemple anecdotique du meurtrier présumé de Van Espen qui déforce les arguments « préventifs » des promoteurs.trices d'une justice implacable (il avait déjà passé deux séjours en prison pour faits de violence auparavant, voir notre analyse). Une étude récente de l'université de Berkeley en Californie auprès de plus de 100 000 personnes incarcérées a démontré que l’incarcération n'a aucun impact significatif sur la récidive violente, comparée aux justiciables libérés sur probation. Seule l'incapacité de commettre de la violence pendant l'emprisonnement réduit, très légèrement, les violences. Les auteur.e.s concluent que « l'incarcération est une intervention à long-terme inefficace pour la prévention des violences, car elle n'a, en somme, aucun effet réhabilitant ni dissuasif après la libération. » Quod erat demonstrandum.

On a lu, vu, écouté pour vous...  

Colloque intersectionnalité 

Le 27 avril dernier, BePax, la RainbowHouse Brussels, la Coordination Holebi Bruxelles et le Cercle Féministe de l’ULB organisaient un colloque ambitieux, consacré à l'articulation entre race, genre et orientation sexuelle. Une manière très concrète d'aborder l'intersectionnalité des oppressions et des luttes, au-delà d'une analyse purement théorique, grâce notamment à des animations en petit groupe dans divers ateliers (blanchité, transidentités, genre et précarité, féminisme décolonial...). Qu'est-ce que le « privilège blanc »  (hétéro, masculin...) ? Comment se libérer des dominations multiples ? Quelles alliances, et surtout comment les construire sans reproduire les dominations ? Le public était nombreux, attentif, diversifié mais, il faut bien le dire, surtout féminin et racisé. Les dominant.e.s ne semblent pas (encore) prêt.e.s à une solide remise en question...

Balance ton quoi 

Angèle a sorti un clip féministe et rafraîchissant sur sa chanson Balance ton quoi. Elle illustre la chanson par un tribunal du sexisme et une académie anti-sexiste destinée tant aux femmes qu’aux hommes, avec une scène particulièrement réaliste de prise de l’espace de parole par des hommes. Les Molem Sisters, trois soeurs youtubeuses de Molenbeek, ont repris la chanson en la détournant pour le libre choix du port du voile. Notre phrase préférée : « à trop vouloir me sauver, tu finis par m’oppresser ». Et pas que la nôtre, Angèle a félicité les Molem Sisters.

La rebelle du mois  

Marcher pour le peuple maori 

Notre femme rebelle du mois de mai nous emmène en Nouvelle-Zélande. Les Maori.e.s sont des autochtones polynésien.ne.s installé.e.s en Nouvelle-Zélande et sur les îles Cook depuis le VIIIème siècle. Ils.elles ont été colonisé.e.s par les Britanniques à partir du XVIIIème siècle, leur population réduit par la moitié en cinquante ans avant 1900. Mais les Maori.e.s ne se laissent pas faire et luttent pour leurs droits : on compte aujourd’hui environ 600 000 Maori.e.s en Nouvelle-Zélande ; c’est ce qu’on nomme la « Renaissance des Maori.e.s ». Et notre femme rebelle Whina Cooper est une militante de première ligne dans cette lutte.

Activités de Garance  

Tarifs et modalités d'inscription

A Bruxelles 

Dates Intitulé Lieu
Samedi 1er et dimanche 2 juin 2019 de 10h à 17h Autodéfense pour femmes Maison des Femmes de Schaerbeek, 1030
le 11 juin 2019 de 19h à 21h Séance d’information « Formation Enfants CAPables » Garance asbl,1000
Lundi 17 juin 2019, de 19 à 21h Entraînement : En voyage Garance asbl,1000

En Wallonie 

Dates Intitulé Lieu
Samedi 15 et dimanche 16 juin 2019 de 10h00 à 17h Résister à l’anti-féminisme Espace Belvaux, 4030 Grivegnée

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